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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 17:27
Plaque posée sur la tombe des 106 soldats allemands

Plaque posée sur la tombe des 106 soldats allemands

Sépulture de 106 soldats allemands durant la guerre de 1870
Sépulture de 106 soldats allemands durant la guerre de 1870

À ma grande surprise, je découvre que le cimetière de Torcy, implanté en Seine-et-Marne, recèle quelques curiosités, notamment une sépulture datant de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, sous laquelle reposent très exactement 106 soldats allemands. Ainsi, ce cimetière ne me paraît plus simplement ordinaire, mais intéressant d'un point de vue historique. D'autres curiosités sont attestées dans cet article : http://www.torcy77.fr/17.html

Voici les deux photos que j'ai prises de cette tombe de 106 soldats allemands.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 11:19
Lettre d'un poilu
Lettre d'un poilu

Puisque nous célébrons aujourd'hui le 96e anniversaire de l'Armistice, en tant qu'écrivain public, je me dois de partager avec vous la lettre d'un poilu, Maurice Leclerc, victime d'obus à gaz, qui évoque l'explosion d'un avion, son repas et sa santé. Remarquez le grain du papier, l'écriture à l'encre, la lisibilité de son écriture, le respect de l'orthographe et de la syntaxe. Nous sommes très sensibles à ces détails.

Source : gallica.bnf.fr/Archives départementales de Seine-et-Marne

Si vous voulez enrichir l'histoire de la Première Guerre mondiale avec vos propres archives familiales (lettres de poilus, photos, cartes postales, articles de journaux, enregistrements...), déposez-les sur le site Europeana 1914-1918 qui collecte tous les documents et objets relatifs à la Grande Guerre. C'est une bibliothèque numérique et collaborative mondiale : http://www.europeana1914-1918.fr/fr

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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 10:46

Un peu d'histoire. Au Moyen Âge, les cabinets d'écrivains publics étaient appelés "échoppes d'écrivain". Cela ne vous surprendra pas de savoir qu'à Paris, ces "échoppes" étaient surtout présentes dans le quartier latin. La rue la plus emblématique était la rue des Ecrivains (aujourd'hui disparue et devenue rue de la Parcheminerie) située sur l'ancienne place Saint-Jacques-de-la-Boucherie dans laquelle Nicolas Flamel avait installé son échoppe. Pas d'échoppes médiévales à vous montrer, faute de documentation, mais une estampe du début du XXe siècle, histoire de nous redonner un peu d'inspiration. Déjà, dans son édition de 1828, le Dictionnaire historique de Paris (volume 1) mentionnait à propos des écrivains publics : "Ils sont aussi rares aujourd'hui qu'ils étaient nombreux autrefois". Pas si sûr à notre époque puisque de plus en plus de professionnels s'installent aujourd'hui comme écrivains publics et y demeurent pendant des années.

http:/www.purl.org/yoolib/inha/2508

Maison de Nicolas Flamel au 51, rue de Montmorency, Paris 3e

Maison de Nicolas Flamel au 51, rue de Montmorency, Paris 3e

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 10:46

affiche_algerie_juin_2012_0.jpgL'exposition Vies d'exil-1954-1962. Des Algériens en France pendant la guerre d'Algérie, est à découvrir jusqu'au 19 mai 2013 à la CNHI, 293, avenue Daumesnil, Paris XIIe.  


L'exil des travailleurs algériens en France est traité dans sa dimension humaine et sociale. Il s'agit véritalement d'un thème lié à l'histoire sociale plus qu'à l'histoire événementielle. Par conséquent, une recherche pure d'authenticité et d'humanité marque l'empreinte nostalgique de cette histoire, véhiculée par les archives audiovisuelles et photographiques plus particulièrement, mais aussi les archives administratives, les objets et les oeuvres d'art.  

Ainsi, nul besoin d'avoir vécu une époque pour en ressentir de la nostalgie. La Nouvelle Vague cinématographique de la fin des années 1950, sous l'égide de François Truffaut ou Jean-Luc Godard, renforce le sentiment d'authenticité des mouvements de société et des relations sociales. Les événements de la guerre d'Algérie ne sont utilisés que comme une illustration complémentaire de l'histoire sociale qui est le fil conducteur de l'exposition.  En réalité, les événements de la guerre d'Algérie sont donc très peu évoqués, puisque l'exposition laisse avant tout la parole aux travailleurs algériens exilés en France pendant ces événements. En effet, elle met davantage l'accent sur des témoignages d'hommes et de femmes relatant leurs conditions de vie en France comme c'est le cas dès l'entrée de l'exposition,  dans le bidonville de Gennevilliers, dans un documentaire diffusé sur INA le 4 mars 1960, un an avant les grandes manifestations algériennes. On y apprend que sur les 3 000 habitants du bidonville, beaucoup vivaient à plusieurs dans une même pièce et que beaucoup n'ont pas eu le choix, car il coûtait trop cher de se loger. La parole est également donnée à des enfants, frères et soeurs. La méfiance et le silence coexistent avec les paroles d'hommes humbles qui ont ouvert leur porte pour témoigner et qui témoignent sans nulle hostilité ou marque d'affection.  Seuls les étudiants étaient épargnés par les conditions précaires du logement étant donné qu'ils étaient logés en résidence universitaire. 

    
Au cours de la visite, il est rappelé quelques chiffres sur l'évolution de l'immigration des travailleurs algériens depuis 1912 - année au cours de laquelle 5 000 Algériens, dont beaucoup de Kabyles, étaient employés en France. Puis vient l'année 1945 où une nouvelle génération s'installe dans les grands centres industriels pour contribuer à l'effort de reconstruction de la France.  Enfin, l'immigration familiale débutera vers 1950-52, et les Algériens vont travailler essentiellement dans deux secteurs-clés : l'industrie mécanique et électrique, et le BTP. La loi du 26 juillet 1957 sur le strict renforcement du contrôle policier n'avait pour but que de limiter la mobilité des Algériens en métropole, ce qui a notamment nuit à la recherche de mesures concrètes par l'Etat pour sortir les Algériens des bidonvilles et des foyers-hôtels. Des militants philanthropes comme Monique Hervo ont fait preuve de solidarité et cherchaient les solutions que l'Etat ne trouvait pas. Elle raconte son témoignage sur le bidonville de la Folie de Nanterre. De très belles photos ont été prises par Monique Hervo.  La Cimade faisait également preuve de solidarité et d'engagement.  

A côté des témoignages et des difficultés évoquées, des manifestations qui dégénèrent en octobre 1961 à Paris, l'exposition met aussi en avant des chanteurs, des intellectuels algériens comme Mohamed Dib, Jean Amirouche, Yacine Kateb, des photographies de lieux de sociabilité, uniques lieux permettant d'atténuer la rigueur de l'exil : par exemple les cafés-hôtels dans lesquels les Algériens se retrouvent pour écouter de la musique, voir des concerts, des pièces de théâtre et prendre connaissance des nouvelles d'Algérie et des offres de travail. Les Algériens se réunissent en association, comme par exemple les repas organisés par l'Amicale générale des travailleurs algériens. Bref  une bonne partie de l'exposition évoque des fêtes et des moments de bonheur jusqu'au jour de la proclamation de l'indépendance du 5 juillet 1962, et ce, toujours avec cette manière de photographier     digne de l'époque des années 1960.   

 

Dans le cadre de mon activité d'écrivain public, je serais ravie de pouvoir être contactée par un auteur désirant faire écrire un récit de vie, ses Mémoires, un témoignage historique, ou une biographie familiale avec archives à l'appui.  

Visitez mon site : http://www.laplumedepierrot.com

 

 

Pour en savoir plus sur l'exposition :

link

source du lien :  site de la cité nationale de l'histoire de l'immigration 

 

 


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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 08:35

Ce jeu de connaissances s'adresse aux collectionneurs, aux passionnés de deux-roues motorisés, aux amateurs et aux professionnels, ainsi qu'aux jeunes générations qui n'ont pas connu ou n'ont jamais vu de motos anciennes, et qui ne demandent qu'à découvrir. Je vous propose, sans documentation préalable, d'associer les quelques vignettes ci-dessous à la date qui correspond à chacune d'entre elles ou à leur nom, suivant les cas, en vous aidant des deux listes suivantes que j'ai indiquées. Pour les connaisseurs, ce sera assez facile, mais pour les autres, plus difficile. Il faudra bien observer les indices pour comparer les époques. Mais avant de commencer, voici un rappel  utile sur l'origine de la motocyclette.

L'ancêtre, l'arrière-arrière-arrière grand-mère de nos motocyclettes actuelles, est le vélocipède à vapeur de l'ingénieur français M. Louis-Guillaume Perreaux. Le brevet est déposé en 1868. Elle est considérée comme la plus ancienne des motocyclettes du monde. Le moteur à vapeur entraînait la roue arrière, et les pédales étaient placées sur la roue avant. La chaudière se trouve derrière le siège du conducteur, et le mécanisme moteur sous le siège. Voici un croquis de ce vélocipède à vapeur et à deux-roues Perreaux :

 Moto3Perreauxprésenté à l'exposition universelle de Paris en 1878

 

Il permettait de voyager de 6 à 8 lieues à l'heure (= 35 km/h). Pour l'époque, c'est une distance importante parcourue en peu de temps. 

Pour ceux qui avaient peur de ne pas garder leur équilibre, Perreaux a aussi pensé à eux en inventant le tricycle à vapeur : la troisième roue garantit une résistance aux obstacles routiers. La roue avant est une roue motrice et directrice à la fois. Entre les deux roues arrière, on trouve la chaudière. Les pédales servent à enclencher le démarrage du moteur. Voici une image de ce tricycle à vapeur : 

 

présenté à l'exposition universelle de Paris en 1878.  TricyclePerreaux.jpg

 

L'ingénieur Perraux a continué à améliorer son invention jusqu'en 1885. Les techniques et les formes évoluent au cours des années suivantes, parfois avec hésitation quant à l'énergie utilisée, au positionnement du moteur ou à l'esthétisme du carénage ou du design. Les modèles présentés en vignettes traduisent cette évolution jusqu'au XXIe siècle. Pour le jeu, elles sont placées dans le désordre de façon à les reclasser soi-même chronologiquement. Evidemment, il est impossible, pour des raisons techniques, de montrer toutes les formes existantes ou ayant existé. Je me contenterais d'une dizaine de modèles que j'ai sélectionnés. Sachez que le nom générique "motocyclette" ne sera utilisé qu'en 1897 par les frères Werner, grâce à un moteur placé au-dessus de la roue avant, selon le même principe que pour les anciens cycles à moteur auxiliaire. 

 

 


Le jeu commence maintenant. Il faut bien observer tous les indices


 

Liste 1 (il faut faire correspondre chaque année à la vignette qui lui correspond) 

1885-1897-1905-1913-1926-1940-1977-1985

 

Liste 2 (sauriez-vous les reconnaitre ?) :  moto à vapeur de Hildebrand, moto à moteur Buchet 120km/h, Rhony'x 250cc, BMW-R 50, moto sportive Kawazaki Ninja 650, Honda 250 motocross 

 

motocyclette-Keops-1926.jpg Motocyclette Keops 175cc

                                                   Date ? 

 


 moto-werner-1897.jpgMotocyclette des frères Werner

                                                   Date ? (facile puisque je l'ai marqué plus haut)

 


Buchet-1903.jpg 1903

                                                   Nom ? 

 


moto-Daimler.jpg Moto de Daimler avec moteur à pétrole 4 temps 

                                  Date ? 

 

 

Kawasaki-Ninja-650.jpg2012

                                                  Nom ? 

 

 

Benelli-SEI.jpgBenelli 900 SEI 

                                                     Date ? 

 

hildebrand-wolfmuller-1891.jpg1891

                                                                Nom ? 

 

Harley-Davidson-de-1905-copie-1.jpgHarley-Davidson 

                                                  Date ? 

 

Moto-Douglas.gifMoto Douglas

                                                  Date ? 

 

NSU 500SSNSU 500SS

                                                  Date ? 

 

Honda-250-cross.jpg 2005

                                                   Nom ? 

 

 

Moto-Guzzi-V50.jpgMoto Guzzi V50

                                                  Date ? 

 

Rhony-x-250cc.jpg1929

                                                  Nom ? 

 


BMW-R-50.jpg1963

                                                  Nom ? 

 

Vous avez terminé ? Bravo. Mais en ce qui concerne les réponses pour la correction, c'est à vous de les trouver en vous documentant. Jouez bien le jeu au début sans utiliser de documentation, mais une fois que vous passerez à votre autocorrection, vous pourrez l'utiliser.  

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 10:59

A partir de deux citations : l'une prononcée par Albert Einstein et l'autre par moi-même, j'ai eu l'idée de rédiger un énoncé fictif pour un sujet possible de philosophie à distribuer aux candidats au baccalauréat pour s'entraîner, et dont certains professeurs de philosophie pourraient éventuellement s'inspirer. Voici d'abord les deux citations, puis l'énoncé du sujet : 


"C'est le rôle essentiel du professeur d'éveiller la joie de travailler et de connaître" (Albert Einstein)

 

"A notre époque, on rend le professeur objet parmi les objets, meuble parmi les meubles, comme l'esclave était décrit dans Le Code Noir (article 44) : "L'esclave est un bien meuble" 

 

A l'aide de vos connaissances, comparez ces deux citations en situant d'une part, le contexte socio-historique, d'autre part en présentant l'évolution du statut du professeur de l'époque d'Albert Einstein à aujourd'hui, puis critiquez (au sens d'esprit critique) ces deux citations en analysant les causes du déclin du statut du professeur d'hier à aujourd'hui. Peut-on considérer ces deux citations comme des vérités générales ? 

 

Bon courage ! 

 

PS : Si vous ne pouvez pas disserter là-dessus, il est possible de m'envoyer vos commentaires .

 



 


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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 21:59

Cela fait maintenant six mois que je n'ai pas publié de nouvel article sur mon blog, pour des questions d'emploi du temps. L'inspiration m'est soudainement réapparue à l'issue de ma visite de l'exposition Exhibitions, l'invention du sauvage, actuellement présentée au musée du quai Branly jusqu'au 3 juin 2012.

Afin de ne pas laisser la publicité polluer ma page de blog - inévitable lorsque l'on ne publie rien pendant plus de 45 jours -, j'ai donc décidé de me lancer dans la rédaction d'un mini compte rendu de cette exposition qui m'a beaucoup plu et est très riche en archives. Ainsi, Lilian Thuram, ici commissaire général de l'exposition, a eu la bonne idée de se lier à Pascal Blanchard, historien, pour questionner l'altérité, le sens des "zoos humains" qui a donné son titre à l'ouvrage de Pascal Blanchard.

Utilisé comme un outil pédagogique pour comprendre la nature des préjugés et du racisme contemporain, l'exposition s'appuie sur un grand nombre de supports tels que des photographies, des affiches d'exposition coloniale, des moulages relatifs aux pratiques de la médecine, des sculptures, des portraits, des peintures, des objets de tribus de différents continents, des vidéos, et il y avait surtout en grande majorité des photographies et des vidéos. L'exposition se termine par un court-métrage de Vincent Elka qui rassemble des témoignages de personnes d'aujourd'hui victimes de préjugés ou discriminées : une femme musulmane voilée, un couple homosexuel, une femme Rom, un adolescent trisomique, un Africain, des jeunes, etc. En reprenant le mythe du sauvage, ce petit film sert de conclusion en nous obligeant à nous poser les bonnes questions : "Quels sont mes propres préjugés aujourd'hui ? De qui suis-je le "sauvage ? Quel est mon sauvage ? "

 

C'est au début des voyages de découvertes à partir du XVe siècle, dès Christophe Colomb, que les Européens construisent leur identité par rapport à l'autre. Au fur et à mesure des grandes découvertes des nouveaux continents, le sauvage et le monstre vont non seulement constituer une opposition fondamentale par rapport au monde civilisé, aux Européens, mais aussi attirer l'attention positivement et négativement - la fascination, d'une part, et l'épouvante d'autre part. Par exemple, l'exotisme fascine mais le sauvage ou le monstre fait peur. Pour désinhiber cette peur, ces mêmes monstres et ces mêmes sauvages vont amuser, divertir un public. C'est sur ce dualisme que l'exposition se propose d'expliquer la façon de voir des Occidentaux de l'époque. Ainsi, le début de l'exposition présente des figures d'humains difformes, différents, appelés monstres : des femmes à barbe ou à forte pilosité comme Antonietta Gonsalvus dont on découvre le visage entièrement couvert de poils, des nains, des géants, des siamois, sans oublier la Vénus hottentote au fessier proéminent. Ces monstres sont exhibés comme objets de divertissement dans les cours européennes, les foires, les cirques, les cabinets de curiosité, les expositions universelles.

La notion de sauvage, quant à elle, a évolué au fur et à mesure de la découverte du monde. Chaque population identifie son sauvage à partir de ses propres représentations. Donc pour les Grecs, le sauvage c'est le barbare scythe. Au Moyen Age, le sauvage est l'homme des forêts qui s'habille avec des peaux d'animaux. Pour les Européens de la Renaissance, le sauvage est l'Amérindien. Durant le voyage de retour, des Indiens sont amenés en Europe en guise de trophées ou pour divertir les cours, ou être montrés en spectacle dans lesquels ils exécutent des danses, des acrobaties. Le carnaval est aussi un moyen de mettre en scène ces représentations fantasmées, voire de les exagérer.

Au cours du XIXe siècle, l'exhibition change de nature avec la classification des races liée au développement de la science, mais aussi pour servir les coloniaux. L'exposition nous rappelle alors les théories du XIXe siècle, la croyance en la phrénologie, les instruments de mesure de l'angle du crâne, etc. Ces exhibitions vont donc avoir un autre but que celui de divertir, puisqu'au XIXe siècle, elles étaient mises au service de la propagande coloniale. Les affiches, qui rappellent les tracts pour la vente aux enchères d'esclaves pendant le commerce triangulaire, cherchent à attirer les visiteurs au jardin zoologique d'acclimatation, par leurs gros titres, leurs couleurs et les traits physiques des populations représentées.  Ces exhibitions vont durer environ cinquante ans de la fin du XIXe siècle aux années 1930. La comparaison des humains exhibés aux animaux est flagrante, car on fait cohabiter ces hommes et les animaux dans un même espace, par exemple au jardin d'acclimatation. C'est une manière de les déshumaniser. Il n'y a plus de zoos humains en Europe après 1940 et après 1930 en France, parce que, d'une part, le cinéma remplace les expositions, et d'autre part, les Occidentaux ne sont plus en quête d'exotisme     vu qu'ils s'intéressent à d'autres choses.

Si j'avais à donner mon avis pour vous conseiller cette exposition que je recommande surtout aux jeunes - enfants et adolescents en particulier - je dirais que c'est une exposition très riche, très dense, avec beaucoup d'archives qui retracent l'histoire d'un siècle d'exhibitions humaines, car "exhibitions" rime avec manifestations publiques. L'abondance des sources s'explique par un accès très large du public à ces spectacles. Dans une des galeries de l'exposition, je me suis aperçue en lisant les témoignages de familles qui avaient été exhibées et qui ont fini par rentrer chez elles avec les siens, qu'elles étaient malheureuses et pas bien traitées. Certains tombaient malades ou mouraient. Je dirais qu'en parcourant toute l'exposition, je n'ai découvert que les représentations portées par les Européens sur ces populations, comme pour montrer qu'ils dominaient systématiquement par leur pouvoir d'imposer, alors qu'une petite partie de l'exposition seulement évoquait le regard porté sur les Européens, notamment à travers les témoignages dont je vous ai parlé.

L'exposition veut-elle alors nous montrer que la domination des Occidentaux s'exprime avant tout par l'image, la science et le langage auxquels eux seuls avaient accès, et que ces peuples n'avaient pas le droit à la parole et à l'émotivité ? J'ai fort à parier qu'il y a cette dimension implicite dans cette exposition. Ce qui fait toute sa qualité. Elle fait réfléchir car elle pose les bonnes questions. Elle montre de façon exhaustive tout le cheminement de la pensée occidentale, de la Renaissance jusqu'à notre époque. En outre, l'évolution historique est très bien montrée. Nous sommes tentés de comparer nos représentations actuelles avec les représentations de l'époque. Pour ma part, je n'aurais jamais assisté à ces spectacles, car ce qui est humiliant pour un exhibé montré comme une bête de foire serait tout aussi humiliant pour moi. J'ai pour philosophie de ne jamais faire aux autres ce que je n'aimerais pas qu'on me fasse. Pour découvrir une culture, le regard porté ne doit pas être porté par rapport à nous-mêmes mais rester neutre. Or, l'altérité est le fondement même de l'intérêt de ces exhibitions du XIXe-XXe siècle.

L'Européen construit son identité et ses valeurs par rapport à l'autre, celui qui ne lui ressemble pas, car d'après lui, il y a quelque chose de rassurant dans l'affirmation que l'autre est inférieur. En revanche, on peut comprendre que pour l'époque, ce qui était nouveau, différent, attirait mais faisait aussi rendre déviant et ouvrait la porte aux thèses les plus folles.

La phrénologie, du fait des progrès de la science, pour l'époque, était une nouveauté. Elle était considérée comme sérieuse. Aujourd'hui, du fait que les sciences - et en particulier la médecine - ont évolué, le regard est différent ; ces thèses innovantes, pour l'époque, sont aujourd'hui fausses. C'est là qu'il y a une note d'espoir, car plus le monde évolue, plus les progrès scientifiques avancent et plus certaines affirmations pourront être remises en question. L'exposition nous laisse donc sur cette note d'espoir.

Enfin, par rapport aux oeuvres, je dirais que j'ai seulement été surprise par une seule : une vidéo montrant Joséphine Baker en train de danser une danse africaine avec son pagne et avec son déhanché dynamique, comme si elle était mise dans le même panier que les autres bêtes de foire exhibées. Alors que, moi, je ne la connaissais que par l'adulation que lui portait son public, telle une diva. Je conseille donc cette exposition très pédagogique aux jeunes et à leur famille car elle fait réfléchir et s'intègre bien aux questions contemporaines de notre société.

 

Le Masurier, Le Nègre-Pie

(Madeleine de la Martinique et  sa mère)       Lavinia Fontana, Portrait 

1782                                                         d'Antonietta Gonsalvus, 1585    Paul Dupont,                                                                                                                                                 affiche 1901

linkle-masurier-le-negre-pie-Madeleine-de-la-Martinique-et-sa-.jpganton1.jpgexhibitions_0001.jpgaffiche Folies-Bergère les zoulous Jules Héret 1878Affiche de Jules Héret "Folies Bergères. Les zoulous", Paris, 1878 

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 10:27

Le cimetière du Père-Lachaise est un incroyable vivier de personnalités et de célébrités ; je ne vous apprends rien à ce sujet, soit. Chaque promeneur, qu'il soit touriste étranger, parisien ou provincial, passe agréablement sa journée à repérer les tombes d'artistes, d'écrivains, de grands hommes, et s'y arrête pour les vénérer, les photographier, s'y recueillir car il n'y a pas plus reposant que ce lieu de recueillement. Certains, même, qui reviennent pour la énième fois, s'amusent à mémoriser le chemin qui mène à telle tombe sans utiliser le dépliant, et se plaisent à retrouver du premier coup le chemin menant à leur tombe préférée.

Comme tout un chacun, je me suis plu à réadmirer les tombes de Molière, Jean de La Fontaine, Eugène Delacroix, Frédéric Chopin, Auguste Comte, Bernadette de Beauchène - une infirmière des gueules cassées - Michel Petrucciani, Lucien Gibert - un sculpteur et commandeur de l'ordre national du mérite - et bien d'autres encore. Évidemment, il faut plus d'une journée pour faire tout le parcours. Je n'ai donc pu voir les tombes d'Edith Piaf ou de Jim Morisson par exemple.

Mais là où je souhaite attirer votre attention, c'est dans le fait que les célébrités côtoient les anonymes, comme vous le savez. Finalement combien d'entre vous se sont déjà arrêtés devant des tombes qui a priori  sont censées passer inaperçues et qui, en réalité, peuvent nous émouvoir incontestablement ? Je pense notamment à ces petites tombes d'enfants mort-nés ou morts à l'âge d'un an. La petite taille des tombes attire notre regard. En effet, je peux citer par exemple celle de Sophie Wanda Wolowska décédée le 26 septembre 1843 à l'âge de 1 an 7 mois et 18 jours. Une autre tombe portant le nom de Wolowska indique également la présence d'un autre enfant de la même famille, mort à un âge identique ou presque - son frère probablement. On pourrait donc penser que la mortalité infantile a pu décimer tous les enfants de cette famille.

La mortalité infantile était pourtant moins prégnante au milieu du XIXe siècle qu'au XVIIIe, siècle pendant lequel près d'un nouveau-né sur trois mourait avant d'avoir atteint son premier anniversaire, victime le plus souvent d'infections. Les progrès dans la vaccination et l'amélioration des accouchements au milieu du XIXsiècle ont permis de faire baisser le taux de mortalité infantile mais pas de l'éradiquer de manière spectaculaire. Vers 1850, on passe de 1 nouveau-né sur 3 mort à 1 nouveau-né sur 6. Le résultat est en baisse certes, mais pas très spectaculaire. La baisse est lente. En effet, la variole - principal fléau - reste endémique en Occident pendant tout le XIXe siècle malgré le vaccin contre la variole mis au point par Edouard Jenner en 1796, dont le succès se réalise lentement.

Sophie Wanda Wolowska est décédée à l'âge d'un an en 1843 ; les progrès de la médecine commençaient pourtant déjà à se faire sentir. Si tous les nouveaux-nés de cette famille sont décédés à 1 an ou moins, c'est qu'un fléau de ce type s'est abattu sur eux : ça peut être la variole ou une autre infection. N'oublions pas que la famille est d'origine polonaise. Bien qu'on puisse supposer qu'elle ait vécu en France, le niveau de vie et l'espérance de vie étaient bien plus bas qu'en France ; des facteurs héréditaires seraient donc mis en cause.

Je trouve donc très émouvant de voir ces tombes qui inspirent une époque révolue, qui nous semble lointaine, de par une espérance de vie beaucoup plus faible qu'aujourd'hui. La petite taille de ces tombes ne peut pas nous laisser indifférents ; on s'y arrête comme on s'arrêterait devant la tombe d'un célèbre écrivain ou artiste. Je m'y suis arrêtée avec une nostalgie au coeur et une grande émotion, bien qu'il s'agisse d'une tombe d'anonyme. Certains touristes étaient également émus devant ces petites tombes d'enfants. Alors, n'oubliez pas de vous y arrêter, ne serait-ce que pour ne pas oublier que des enfants du XIXe siècle n'ont pas eu la chance de vivre aussi longtemps que vos enfants, et qu'ils méritent tout autant de considérations.

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 12:42

les cerfs ailésCoeur d'Anne de Bretagne                           Tapisserie des Cerfs ailés.

                                                                                  Vaisseau du coeur d'Anne de Bretagne

                                                                                  et sa couronne. (Coeur d'Anne de Bretagne

                                                                                  déposé  dans ce reliquaire en or et enterré 

                                                                                  dans le tombeau de ses parents édifié dans l'Eglise 

                                                                                  des Carmes à Nantes en 1514)

 

  

Pour faire écho à mon article précédent concernant l'exposition sur le trésor des Medicis, je rédige dans la même veine, un petit compte-rendu de l'exposition que j'ai été voir le samedi 16 octobre au Grand-Palais à Paris : France 1500, entre Moyen Age et Renaissance. 

 

Cette exposition présente une riche collection de plus de 200 oeuvres produites sous les règnes de Charles VIII (1483-1498) et Louis XII, son successeur (1498-1515). Les sujets sont en très grande partie liés à une iconographie religieuse, mais les sujets profanes sont également mis en valeur. 

La France des années 1500 avait une bonne connaissance de l'art italien et de l'art des pays du Nord. On assiste à des progrès techniques, notamment grâce à la diffusion de l'imprimerie et à la circulation des oeuvres et des artistes. Paris accueille sa première presse en 1470 au sein de l'université de la Sorbonne. L'exposition débute par un prologue des années 1460-1480. La première partie de l'exposition montre comment la rencontre entre le commanditaire et l'artiste était source de création et une condition au développement de foyers artistiques. La deuxième partie cherche avant tout à mettre l'accent sur la maturation de l'oeuvre et les innovations matérielles et techniques, aussi bien dans l'architecture que dans les enluminures, entre autres. 

 

Le contexte politique n'est pas à négliger puisque les rois Charles VIII, Louis XII et leur épouse Anne de Bretagne participent à ces représentations artistiques, ne serait-ce que dans les portraits. Leurs prédécesseurs Charles VI, Charles VII et Louis XI font l'objet également de références artistiques. Par ailleurs, le peintre officiel de Charles VII est Jean Fouquet, peintre actif à Tours en 1450. Anne de Bretagne fut mariée à Charles VIII en 1491 puis fut mariée à Louis XII en 1499. Elle joue un rôle de commanditaire, puisqu'elle commande le tombeau de ses parents pour les Carmes de Nantes, et elle est souvent représentée avec son livre d'heures pour signifier sa grande piété. En effet, elle préférait les livres.

Des événements politiques aussi importants que la campagne de Charles VIII en Italie en 1494, date marquant le début des guerres d'Italie, l'entrée de Louis XII à Milan en 1499... sont mentionnés et intégrés dans la problématique de cette exposition. La Guerre de Cent-Ans s'est achevée en 1453 sous le règne de Charles VII (1422-1461). On se situe donc sous les règnes de Charles VIII et Louis XII, dans une période de forte reconstruction marquée par la relance économique, la croissance démographique et les ambitions territoriales grâce aux guerres d'Italie. L'exposition est placée sous le signe de la floraison artistique impulsée et favorisée par l'humanisme de la Renaissance. L'intitulé même de cette exposition, tel que je l'ai perçu, suggère vraisemblablement l'ambivalence de la période du XVIe siècle qui est marquée finalement par les phénomènes de rupture et de continuité par rapport au Moyen Age. L'exposition s'interroge donc sur les permanences et mutations de cette période. 

 

L'exposition est classée à la fois par thèmes et par grands foyers artistiques. J'ai pu ainsi relevé les thèmes de l'art de la miniature, des médailles et de la tapisserie, dans un premier temps. Parmi les exemples de miniature, l'oeuvre la plus célèbre est celle de Jean Fouquet: Louis XI présidant le chapitre de l'Ordre de saint-Michel. C'est une enluminure sur parchemin. L'Ordre de saint-Michel a été créé en 1469 par Louis XI. Chacun des 15 chevaliers doivent recevoir le livret des statuts enluminés à ses armes. L'exemplaire du roi Louis XI a été magistralement décoré par Jean Fouquet. Le roi y est représenté entre les premiers dignitaires de l'ordre, assis devant un tableau figurant le combat de l'archange et du dragon. 

Pour les médailles, on peut dire que des souverains sont représentés tels que Louis XI et Charles VII. L'art de la médaille, né à la fin du XIVe siècle - typique de la Renaissance italienne - est adopté en France. Charles VIII et Louis XII se font représenter sur les médailles et les distribuent en cadeaux. Fouquet fait la synthèse entre les innovations flamandes et l'art italien. Enfin, en ce qui concerne la tapisserie, on peut voir une grande tapisserie Les cerfs ailés. Le cerf ailé depuis Charles VI est l'emblème des rois de France. Sur cette tapisserie, on voit trois cerfs dans un enclos qui symbolisent la France pacifiée, et à l'inverse des lions hors de la palissade qui pourraient faire référence aux Anglais maintenus hors du royaume grâce aux victoires de Charles VII. En ce qui concerne les autres modèles de tapisserie, on en voit surtout dans la deuxième partie de l'exposition, comme par exemple les tapisseries millefleurs ; Narcisse à la fontaine pour n'en citer qu'une, est une tapisserie qui appartient à la série des millefleurs. Elle fait la synthèse entre les apports antiques et la tradition médiévale. L'histoire de Narcisse est racontée dans les Métamorphoses d'Ovide. 

 

La thématique géographique est introduite par une évocation du rôle des commandes. Les commandes sont destinées à l'embellissement des demeures et des châteaux des commanditaires. Les réalisations se font pour les chapelles et les églises, les retables, les vitraux, les statues, et servent à assurer le salut et l'expression de la dévotion, d'où la prépondérance des sujets religieux de cette exposition.

Sans rentrer dans les détails, je vais citer pour chaque foyer majeur de l'art, un ou deux exemples d'oeuvres qui s'y rattachent :  

Pour LYON, cette ville est célèbre pour l'art du vitrail et l'enluminure. C'est la résidence principale du peintre en titre de Charles VIII et de Louis XII - Jean Perréal - actif de 1485 à 1530. Il a réalisé des modèles de vitraux et des sculptures, et c'est un célèbre portraitiste. 

 

Bourges et le Val de Loire : Jean Bourdichon est un peintre de Tours. Il a réalisé une enluminure datant de 1508 environ, Gênes agenouillé devant la Raison. Elle fait référence à la conquête de Louis XII de Gênes, en 1507. 

 

Parmi les statues de Vierge à l'enfant, on peut citer Michel Colombe vers 1500-1510. Les statues de Vierge de pitié et de Vierge à l'enfant sont nombreuses dans les salles d'exposition. 

 

Le LANGUEDOC : c'est un autre foyer dynamique. On peut découvrir une sculpture de saint Michel terrassant le démon. Il provient de l'église Saint-Michel de Toulouse. Cette oeuvre fait référence à l'art parisien ou bourguignon du début du XVe siècle. Il y a d'autres oeuvres provenant de cette région que je n'évoquerai pas. 

 

LA CHAMPAGNE: Cette région se caractérise par la reconstruction qui suit la guerre de Cent-Ans et celle opposant le roi de France au duc de Bourgogne. Les églises sont construites et agrandies, et se parent de vitraux, art majeur de la région. Le style gothique flamboyant domine l'architecture, et les Pays-Bas influencent l'art des vitraux. En effet, l'influence flamande domine la sculpture champenoise et plus proche encore, la sculpture picarde. Des importations permettent la circulation des oeuvres, par exemple, le retable anversois. Parmi les artistes de cette région, on peut citer le Maître de Chaource à qui on associe la Vierge de Pitié. Il a un style caractéristique par rapport à l'expression des visages.

 

La NORMANDIE : Dans la deuxième moitié du XVe siècle, on note l'influence de l'art gothique flamboyant. L'art du vitrail montre la volonté d'embellir les édifices. On peut citer les apports des artistes du Nord tels que le peintre-verrier Arnoul de Nimègue, et les importations d'oeuvres italiennes grâce à l'action de Georges d'Amboise, cardinal-archevêque de Rouen et principal ministre de Louis XII. Il joue un rôle important, et sa famille est l'une des plus importantes, puisque c'est lui qui est à l'origine de la transformation du château de Gaillon, château des archevêques de Rouen, en demeure. Les travaux de 1500 à 1510 sont réalisés par les ateliers français et italiens. Pour décorer le château de Gaillon, Georges Ier d'Amboise fait appel, pour travailler à ces ateliers, à un artiste milanais, Andrea Solario, auteur de La Déploration du Christ. 

 

L'architecture est à la fois civile et religieuse. Le "flamboyant" est le style adopté par les architectes. Il se caractérise par le souci de la polychromie, la variété des matériaux, la cohérence des décors entre plusieurs techniques. A l'étage, il est fait mention de cette architecture nouvelle à travers le mobilier en bois ou en métal. 

 

La deuxième partie de l'exposition, pour terminer, fait référence aux nouvelles techniques qui apparaissent, comme l'émail peint caractéristique de la tradition de Limoges et la production de livres enluminés en pleine expansion. Depuis le Moyen Age, existe la technique du cuir estampé à froid qui s'enrichit de dorures à la feuille et fait référence au modèle décoratif italien. 

 

Pour conclure, je dirais que cette exposition était très longue et plutôt redondante au départ car beaucoup de sujets religieux issus d'artistes différents se ressemblaient plus ou moins et alourdissaient le regard et le paysage, si bien qu'on perdait un peu le fil conducteur puis par la suite, la diversité et la grande richesse des oeuvres et des matériaux l'a emportée et s'est révélée très utile surtout pour ceux qui étudient le Prince et les Arts en France et en Italie, c'est une sacrée mine d'informations. La statuaire était très imposante, il y avait de très belles oeuvres qui méritaient qu'on se rapproche d'elles par le regard plutôt que de les observer dans un simple livre. En se rapprochant d'une oeuvre, on voit davantage les détails qui ne figurent pas forcément en illustration, notamment les couleurs, l'expression du visage, les drapés, la polychromie. Le découpage de l'exposition en plusieurs axes était bien choisi pour illustrer l'ambivalence de cette période du XVIe siècle. De plus, les oeuvres profanes d'inspiration antique  se mêlaient très bien aux oeuvres religieuses. 

 

 

 tombeau-des-enfants-de-Charles-VIII.jpg                                               

tombeau des enfants de Charles VIII

par Girolamo Paciarotto, dit Jérôme Pacherot

(en marbre de Carrare). 

 


 

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 18:26

Vendredi 18 juin 2010 était célébré en France l'anniversaire de l'appel du 18 juin 1940 du général De Gaulle sur les ondes de la BBC. La référence en matière d'archives relative à la Libération et à la résistance - et de manière plus générale à la Seconde Guerre mondiale - est le mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la libération de Paris, ainsi que le musée Jean Moulin situés tous deux à Paris au coeur du quartier de Montparnasse, qui fut le haut lieu de la libération de Paris.

Ce qui frappe les yeux lorsque l'on découvre les salles d'exposition permanente, c'est la qualité de la conservation des archives et surtout la variété des collections présentées telle que des articles de journaux comme Le Courrier de l'Air, l'Humanité... les affiches (et pas seulement de propagande), les photographies, les cartes postales, les pièces d'identité, les ouvrages anciens, les objets essentiellement militaires très bien conservés, les archives sonores et audiovisuelles. Les documents papiers et les projections audiovisuelles sur la guerre, les nombreux discours, sont alignés et font tout le tour de chaque salle ; ils sont accompagnés de vignettes qui dressent l'historique de la Seconde Guerre mondiale selon un ordre chronologique, et ces vignettes font tout le tour de la salle également. Au centre de chaque salle du rez-de-chaussée, se trouvent des vitrines qui présentent à la fois des portraits de Leclerc ou de Jean Moulin dans leur parcours et dans leurs actions respectives. On sait que Jean Moulin, par exemple, a dû changer d'identité ; on ne le découvre pas seulement en résistant mais aussi en tant qu'artiste, illustrateur, préfet... On le voit aussi dans des scènes familiales plus intimistes, dans les Alpilles.

Il faut ajouter à cette diversité des collections, le vaste écran panoramique situé au premier étage dans la salle de la Libération qui est une pièce semi-circulaire. Ce mur d'images projette des documents audiovisuels et sonores ainsi que des photographies d'époque montrant les étapes de l'occupation de Paris, les insurrections, et enfin la libération et le rayonnement des visages. En effet, ces enregistrements se divisent en plusieurs actes du début de l'occupation jusqu'au dénouement final.

Les deux héros nationaux - Jean Moulin et le Général Leclerc - font l'objet d'une présentation détaillée à travers leur parcours, leur jeunesse, leur histoire, leur combat. C'est donc dans ce musée qui dresse un ensemble très exhaustif, qu'on peut se documenter de manière très complète et y trouver toutes les informations nécessaires.

Enfin, pour finir, dans la salle d'exposition temporaire située au premier étage juste derrière la salle de la Libération, on peut y découvrir le personnage de Stauffenberg - figure de la Résistance contre le régime nazi -, instigateur du complot contre Hitler connu sous le nom de "Opération Walkyrie" qui se terminera par l'échec de l'attentat contre Hitler le 20 juillet 1944. Dans cette salle, on peut voir 20 grandes affiches retraçant la jeunesse et la carrière de Stauffenberg, et entre autres, certaines d'entre elles font référence à son influence par rapport au poète allemand Stefan George dont il s'inspira pour écrire ses propres poèmes. Dans cette même salle, un document audiovisuel de 30 minutes permet de retracer les parcours de figures de la résistance allemande contre le régime nazi. A la fin de ce documentaire, on découvre qu'Hitler, avant d'exécuter ses conspirateurs, faisait des simulacres de procès pour les humilier en public.

Ainsi, on peut vraiment dire que ce Mémorial est à la hauteur de la mémoire historique et patrimoniale de la France, qu'il est vraiment fidèle à tous ces témoignages et ces documents d'archives. Il est incontournable pour la mémoire de la guerre. En somme, je vous le conseille.

 

Voici le lien et quelques photos que j'ai pu prendre, sachant qu'il y a énormément de choses à voir dans ces deux musées. Ils sont très vastes, et si vous voulez vous accrocher à tous les détails, il faut compter pour la visite au moins trois ou quatre  heures. Si vous parcourez seulement toutes les salles sans lire et sans écouter tous les enregistrements, vous en aurez pour une heure ou deux heures mais ça dépend de ce que vous cherchez et de vos habitudes.

 

http://www.paris.fr/portail/loisirs/portal.lut?page_id=6923

 

 

Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 002Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 003Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 004Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 005Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 006Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 007Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 008Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 009Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 012Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 015

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