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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 12:42

les cerfs ailésCoeur d'Anne de Bretagne                           Tapisserie des Cerfs ailés.

                                                                                  Vaisseau du coeur d'Anne de Bretagne

                                                                                  et sa couronne. (Coeur d'Anne de Bretagne

                                                                                  déposé  dans ce reliquaire en or et enterré 

                                                                                  dans le tombeau de ses parents édifié dans l'Eglise 

                                                                                  des Carmes à Nantes en 1514)

 

  

Pour faire écho à mon article précédent concernant l'exposition sur le trésor des Medicis, je rédige dans la même veine, un petit compte-rendu de l'exposition que j'ai été voir le samedi 16 octobre au Grand-Palais à Paris : France 1500, entre Moyen Age et Renaissance. 

 

Cette exposition présente une riche collection de plus de 200 oeuvres produites sous les règnes de Charles VIII (1483-1498) et Louis XII, son successeur (1498-1515). Les sujets sont en très grande partie liés à une iconographie religieuse, mais les sujets profanes sont également mis en valeur. 

La France des années 1500 avait une bonne connaissance de l'art italien et de l'art des pays du Nord. On assiste à des progrès techniques, notamment grâce à la diffusion de l'imprimerie et à la circulation des oeuvres et des artistes. Paris accueille sa première presse en 1470 au sein de l'université de la Sorbonne. L'exposition débute par un prologue des années 1460-1480. La première partie de l'exposition montre comment la rencontre entre le commanditaire et l'artiste était source de création et une condition au développement de foyers artistiques. La deuxième partie cherche avant tout à mettre l'accent sur la maturation de l'oeuvre et les innovations matérielles et techniques, aussi bien dans l'architecture que dans les enluminures, entre autres. 

 

Le contexte politique n'est pas à négliger puisque les rois Charles VIII, Louis XII et leur épouse Anne de Bretagne participent à ces représentations artistiques, ne serait-ce que dans les portraits. Leurs prédécesseurs Charles VI, Charles VII et Louis XI font l'objet également de références artistiques. Par ailleurs, le peintre officiel de Charles VII est Jean Fouquet, peintre actif à Tours en 1450. Anne de Bretagne fut mariée à Charles VIII en 1491 puis fut mariée à Louis XII en 1499. Elle joue un rôle de commanditaire, puisqu'elle commande le tombeau de ses parents pour les Carmes de Nantes, et elle est souvent représentée avec son livre d'heures pour signifier sa grande piété. En effet, elle préférait les livres.

Des événements politiques aussi importants que la campagne de Charles VIII en Italie en 1494, date marquant le début des guerres d'Italie, l'entrée de Louis XII à Milan en 1499... sont mentionnés et intégrés dans la problématique de cette exposition. La Guerre de Cent-Ans s'est achevée en 1453 sous le règne de Charles VII (1422-1461). On se situe donc sous les règnes de Charles VIII et Louis XII, dans une période de forte reconstruction marquée par la relance économique, la croissance démographique et les ambitions territoriales grâce aux guerres d'Italie. L'exposition est placée sous le signe de la floraison artistique impulsée et favorisée par l'humanisme de la Renaissance. L'intitulé même de cette exposition, tel que je l'ai perçu, suggère vraisemblablement l'ambivalence de la période du XVIe siècle qui est marquée finalement par les phénomènes de rupture et de continuité par rapport au Moyen Age. L'exposition s'interroge donc sur les permanences et mutations de cette période. 

 

L'exposition est classée à la fois par thèmes et par grands foyers artistiques. J'ai pu ainsi relevé les thèmes de l'art de la miniature, des médailles et de la tapisserie, dans un premier temps. Parmi les exemples de miniature, l'oeuvre la plus célèbre est celle de Jean Fouquet: Louis XI présidant le chapitre de l'Ordre de saint-Michel. C'est une enluminure sur parchemin. L'Ordre de saint-Michel a été créé en 1469 par Louis XI. Chacun des 15 chevaliers doivent recevoir le livret des statuts enluminés à ses armes. L'exemplaire du roi Louis XI a été magistralement décoré par Jean Fouquet. Le roi y est représenté entre les premiers dignitaires de l'ordre, assis devant un tableau figurant le combat de l'archange et du dragon. 

Pour les médailles, on peut dire que des souverains sont représentés tels que Louis XI et Charles VII. L'art de la médaille, né à la fin du XIVe siècle - typique de la Renaissance italienne - est adopté en France. Charles VIII et Louis XII se font représenter sur les médailles et les distribuent en cadeaux. Fouquet fait la synthèse entre les innovations flamandes et l'art italien. Enfin, en ce qui concerne la tapisserie, on peut voir une grande tapisserie Les cerfs ailés. Le cerf ailé depuis Charles VI est l'emblème des rois de France. Sur cette tapisserie, on voit trois cerfs dans un enclos qui symbolisent la France pacifiée, et à l'inverse des lions hors de la palissade qui pourraient faire référence aux Anglais maintenus hors du royaume grâce aux victoires de Charles VII. En ce qui concerne les autres modèles de tapisserie, on en voit surtout dans la deuxième partie de l'exposition, comme par exemple les tapisseries millefleurs ; Narcisse à la fontaine pour n'en citer qu'une, est une tapisserie qui appartient à la série des millefleurs. Elle fait la synthèse entre les apports antiques et la tradition médiévale. L'histoire de Narcisse est racontée dans les Métamorphoses d'Ovide. 

 

La thématique géographique est introduite par une évocation du rôle des commandes. Les commandes sont destinées à l'embellissement des demeures et des châteaux des commanditaires. Les réalisations se font pour les chapelles et les églises, les retables, les vitraux, les statues, et servent à assurer le salut et l'expression de la dévotion, d'où la prépondérance des sujets religieux de cette exposition.

Sans rentrer dans les détails, je vais citer pour chaque foyer majeur de l'art, un ou deux exemples d'oeuvres qui s'y rattachent :  

Pour LYON, cette ville est célèbre pour l'art du vitrail et l'enluminure. C'est la résidence principale du peintre en titre de Charles VIII et de Louis XII - Jean Perréal - actif de 1485 à 1530. Il a réalisé des modèles de vitraux et des sculptures, et c'est un célèbre portraitiste. 

 

Bourges et le Val de Loire : Jean Bourdichon est un peintre de Tours. Il a réalisé une enluminure datant de 1508 environ, Gênes agenouillé devant la Raison. Elle fait référence à la conquête de Louis XII de Gênes, en 1507. 

 

Parmi les statues de Vierge à l'enfant, on peut citer Michel Colombe vers 1500-1510. Les statues de Vierge de pitié et de Vierge à l'enfant sont nombreuses dans les salles d'exposition. 

 

Le LANGUEDOC : c'est un autre foyer dynamique. On peut découvrir une sculpture de saint Michel terrassant le démon. Il provient de l'église Saint-Michel de Toulouse. Cette oeuvre fait référence à l'art parisien ou bourguignon du début du XVe siècle. Il y a d'autres oeuvres provenant de cette région que je n'évoquerai pas. 

 

LA CHAMPAGNE: Cette région se caractérise par la reconstruction qui suit la guerre de Cent-Ans et celle opposant le roi de France au duc de Bourgogne. Les églises sont construites et agrandies, et se parent de vitraux, art majeur de la région. Le style gothique flamboyant domine l'architecture, et les Pays-Bas influencent l'art des vitraux. En effet, l'influence flamande domine la sculpture champenoise et plus proche encore, la sculpture picarde. Des importations permettent la circulation des oeuvres, par exemple, le retable anversois. Parmi les artistes de cette région, on peut citer le Maître de Chaource à qui on associe la Vierge de Pitié. Il a un style caractéristique par rapport à l'expression des visages.

 

La NORMANDIE : Dans la deuxième moitié du XVe siècle, on note l'influence de l'art gothique flamboyant. L'art du vitrail montre la volonté d'embellir les édifices. On peut citer les apports des artistes du Nord tels que le peintre-verrier Arnoul de Nimègue, et les importations d'oeuvres italiennes grâce à l'action de Georges d'Amboise, cardinal-archevêque de Rouen et principal ministre de Louis XII. Il joue un rôle important, et sa famille est l'une des plus importantes, puisque c'est lui qui est à l'origine de la transformation du château de Gaillon, château des archevêques de Rouen, en demeure. Les travaux de 1500 à 1510 sont réalisés par les ateliers français et italiens. Pour décorer le château de Gaillon, Georges Ier d'Amboise fait appel, pour travailler à ces ateliers, à un artiste milanais, Andrea Solario, auteur de La Déploration du Christ. 

 

L'architecture est à la fois civile et religieuse. Le "flamboyant" est le style adopté par les architectes. Il se caractérise par le souci de la polychromie, la variété des matériaux, la cohérence des décors entre plusieurs techniques. A l'étage, il est fait mention de cette architecture nouvelle à travers le mobilier en bois ou en métal. 

 

La deuxième partie de l'exposition, pour terminer, fait référence aux nouvelles techniques qui apparaissent, comme l'émail peint caractéristique de la tradition de Limoges et la production de livres enluminés en pleine expansion. Depuis le Moyen Age, existe la technique du cuir estampé à froid qui s'enrichit de dorures à la feuille et fait référence au modèle décoratif italien. 

 

Pour conclure, je dirais que cette exposition était très longue et plutôt redondante au départ car beaucoup de sujets religieux issus d'artistes différents se ressemblaient plus ou moins et alourdissaient le regard et le paysage, si bien qu'on perdait un peu le fil conducteur puis par la suite, la diversité et la grande richesse des oeuvres et des matériaux l'a emportée et s'est révélée très utile surtout pour ceux qui étudient le Prince et les Arts en France et en Italie, c'est une sacrée mine d'informations. La statuaire était très imposante, il y avait de très belles oeuvres qui méritaient qu'on se rapproche d'elles par le regard plutôt que de les observer dans un simple livre. En se rapprochant d'une oeuvre, on voit davantage les détails qui ne figurent pas forcément en illustration, notamment les couleurs, l'expression du visage, les drapés, la polychromie. Le découpage de l'exposition en plusieurs axes était bien choisi pour illustrer l'ambivalence de cette période du XVIe siècle. De plus, les oeuvres profanes d'inspiration antique  se mêlaient très bien aux oeuvres religieuses. 

 

 

 tombeau-des-enfants-de-Charles-VIII.jpg                                               

tombeau des enfants de Charles VIII

par Girolamo Paciarotto, dit Jérôme Pacherot

(en marbre de Carrare). 

 


 

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 07:02

 

 

Anton GabbianiBotticelli-adoration-des-mages.jpg

Anton Domenico Gabbiani, Portrait de trois musiciens de           Sandro Botticelli, Adoration des Mages, 1476

la Cour des Medicis, 1687

 

 

 

Je me suis rendue le samedi 9 octobre à l'exposition "Le trésor des Medicis" au musée Maillol à Paris. Comme son nom l'indique, l'exposition met l'accent sur les trésors et nombreuses collections de chefs-d'oeuvre accumulés par cette dynastie à la fois de marchands, banquiers, mécènes et princes florentins depuis Côme l'Ancien (1389-1464). Ce compte rendu a seulement pour objectif de  donner un aperçu des collections que renferment les différentes salles, à destination des futurs visiteurs, historiens ou simples curieux, ou bien encore des étudiants préparant la question de Capes de la session 2011: "Le Prince et les arts en France et en Italie (XIVe-XVIIIsiècle)". Cependant, il faut à garder à l'esprit que le tracé de ce parcours, sous forme d'approche, ne remplace pas les ouvrages sur la question. Néanmoins, cette exposition attirera l'attention de l'étudiant qui trouvera une mine d'informations écrites sur les relations des Medicis avec les artistes et sur l'évolution du mécénat princier que je n'évoquerai pas ici. Cette exposition reste un bon complément à la question.

 

 

Les Medicis désiraient remodeler la vie par l'esthétique et la science. De là vient le mouvement du mécénat princier pour l'art. Cent soixante objets dans ce musée, de nature très variée, correspondent au « goût médicéen », c'est à dire aux choix esthétiques, artistiques des Medicis. On y découvre plusieurs pièces d'apparat et d'intimité. De même, différents palais ont été achetés ou édifiés par la famille princière.

 

 

L'exposition, davantage thématique que chronologique, s'organise autour de différentes salles : salle des fêtes, cabinet des merveilles, bibliothèque, jardin, chapelle, salle des sciences, théâtre, atelier de pierres dures, cabinet de dessins et salon de musique.

 

Dans la première partie de l'exposition, on a des oeuvres variées de nature différente. 

On peut citer le portrait d'Eléonore de Tolède, par Agnolo Bronzino, portraitiste de Cour : c'est ce portrait qui figure, par ailleurs, en tête d'affiche de l'exposition. Ce portrait révèle la maniera de l'artiste. Elle est représentée dans ses habits de cour, et sa main est mise en avant puisqu'elle porte deux bagues dont l'une est une pierre gravée des symboles de la fertilité et de la fidélité. La particularité de cette bague n'est pas seulement sa symbolique, mais le fait qu'Eléonore de Tolède emporte cet anneau jusque dans sa tombe.

          On y voit aussi des oeuvres d'inspiration antique comme celles de Benvenuto Cellini "Persée libérant Andromède",  bronze datant de 1545, considéré comme un instrument de propagande. Andromède symbolise la Florence éperdue. L'art romain est aussi représenté sur des camées. On y découvre aussi des sculptures, des tapisseries, etc.

 

Dans le Cabinet des merveilles - autre salle du musée - les objets font référence aux naturalia ou aux artificalia. Le programme iconographique a pour but de frapper le visiteur. On peut y voir un grand portrait de François Ier, mais aussi et surtout les objets exotiques collectionnés par les Medicis et représentant le Nouveau Monde, par exemple une corne de rappel africaine, un manteau de plumes rouges du Brésil, un plateau ovale de St-Domingue en bois et en coquillage, un masque indien en jade, un collier de 70 coquillages de St-Domingue, etc. Le lapis-lazuli faisait partie des pierres très convoitées par les Medicis, et par conséquent certaines oeuvres étaient composées de ce bleu intense qu'est le lapis-lazuli.

 

 

Dans la bibliothèque médicéenne, Cosme III réunit, en 1771, toutes les collections des villas et palais familiaux dans la bibliothèque Palatine. On y trouve des classiques latins, des traités de médecine, des sonnets de Laurent le Magnifique, des éditions d'Homère. Ainsi, on peut y voir un grand volume de lettres. De ce fait, Catherine de Medicis a laissé environ 11 volumes de lettres. Sa correspondance la plus marquante est celle qu'elle entretient avec Nostradamus. Elle essaye de recueillir des prédictions de paix, d'amour, d'union et de concorde auprès de Nostradamus. Dans cette bibliothèque, on peut y découvrir :

 

 

- un recueil de chansons enluminé, de Laurent de Medicis, sur parchemin (XVe siècle) ;

 

- un livre d'heures d'une des filles de Laurent par Francesco Rosselli ;

- un recueil de chansons du maître du codex: Squarcialupi, sur parchemin ; la partition est entourée d'enluminure avec des personnages jouant de la harpe ;

 - des registres de lettres ;

- une reliure de parchemins ;

- des manuscrits originaux écrits à l'encre sur papier.

 

 

Quand Jean de Medicis devient le pape Leon X en février 1513, il devient un grand organisateur de fêtes et un collectionneur de manuscrits. Il va faire de Rome le paradis des artistes et des intellectuels.  Par exemple, Leon X demande à Andrea Del Sarto de peindre pour le carnaval romain, de somptueux décors.  Andrea Del Sarto a peint :

Trois musiciens (1513) jouant de 3 instruments différents

 

Deux personnages en armure (1513). 

 



On ne peut passer sous silence, dans cette exposition, les portraits des deux reines de France : Catherine et Marie de Medicis. Le visiteur s'attardera alors sur le célèbre Portrait de Catherine de Medicis par Germain Le Mannier (1547-1559). Dans ce portrait grandeur nature où la reine porte une robe somptueuse, elle porte sept perles rares que son oncle Clément VII (Jules de Medicis) lui a offert à l'occasion de son mariage. Sa robe toute entière est parée de perles, et l'artiste insiste sur la somptuosité qui se veut être le symbole du sang royal de Catherine de Medicis. A côté de ce portrait trône évidemment celui de Marie de Medicis par Frans Pourbus le Jeune. Elle était, d'après les sources, très douée pour le dessin et passionnée de bijoux.  Elle importe, de Florence à Paris, l'art des promenades plantées, les fontaines monumentales et les statues équestres. Elle commande à Rubens un cycle à la gloire de sa vie pour son palais du Luxembourg inspiré du Palais Pitti. Sur ce portrait grandeur nature mais légèrement différent de celui de Catherine De Medicis, on peut admirer sur son manteau royal, des lys d'or - symboles de la Royauté -, ainsi que des perles beaucoup plus grosses que celles de Catherine de Medicis, qui témoignent de la magnificence princière.

 

Je passe sur l'Atelier des Pierres Dures pour en venir aux jardins à l'italienne. En effet, la botanique était la passion des Medicis. Dans cette salle, l'oeuvre majeure est :

Giusto Uten : Vue du Palais Pitti et jardin de Boboli (1598). Le visiteur notera la vue d'ensemble parcellaire et géométrique du tableau, la fontaine au centre et les éléments de perspective.

 

Enfin, je termine par le Cabinet des mathématiques et le Salon de Musique. Le Cabinet des mathématiques est créé par Cosme Ier et il regroupe les instruments de guerre qui ont servi à battre Sienne en 1555. Dans ce cabinet, on peut citer entre autre, le télescope de Gallilée, l'horloge solaire, la tête anatomique, le cadran solaire, l'astrolabe du XIIIe siècle, l'âme au purgatoire.

Enfin, le Salon de musique est l'initiative du Grand-Prince Ferdinand, fils de Côme III, qui choisit les objets les plus raffinés. Il organise l'exposition des beaux-arts en 1705.  Il passe aussi commande de 5 opéras à Alessandro Scarlatti. On peut y voir, entre autres, le violoncelle de Niccolo Amati, ainsi qu'une huile sur toile de Anton Domenico Gabbiani : Portrait de trois musiciens de la Cour des Medicis (1687). On y voit trois musiciens et un serviteur noir.

 

Bien sûr ma synthèse, bien loin d'être exhaustive, omet bien d'autres oeuvres qu'il est inutile de commenter ici et qu'il convient de découvrir soi-même. Elles ne manqueront pas de vous étonner. J'ai moi-même beaucoup apprécié l'ensemble des oeuvres assez riche, et plus exactement le faste des oeuvres et la manière dont elles sont mises en valeur pour traduire le rayonnement politique et artistique de cette dynastie médicéenne. Un film est également projeté sur les grandes étapes de la vie de Côme.

 

 

Giambologna_Apollon.jpgMarie-de-Medicis.jpg

Giambologna, Apollon          Frans Pourbus, Portrait de

                                        Marie de Medicis, 1611

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 10:41


 

 

n-goni.jpgAu hasard d'une promenade, en chinant, j'ai eu un petit faible pour un instrument de musique africain dont l'existence remonte au Moyen Age, originaire d'Afrique de l'Ouest et appelé communément  n'goni, qui appartient à la famille des harpes-luths africaines. Harpe, car l'instrument se tient face à soi et se joue en pinçant les cordes avec le pouce et l'index droit uniquement et en utilisant ses deux mains, tandis que les autres types de harpes, harpes celtiques par exemple, se jouent avec l'ensemble des doigts. Le n'goni est aussi un luth car les cordes résonnent comme celles d'un luth, et la forme même de la calebasse ressemble à celle d'un luth. La technique de jeu utilisée reste néanmoins celle de la harpe, ce qui implique une grande dextérité et un doigté qui s'acquiert en travaillant. Je possède donc cet instrument ; le mien sur la photo mesure 70 cm, 6 cordes pour débuter, tendues sur un chevalet, sans chevilles mais avec des anneaux en cuir à la place. Un n'goni artisanal comme la tradition des n'gonis des premiers débuts,  il est formé d'une calebasse qui sert de caisse de résonance, recouverte d'une peau de chèvre. Il faut empoigner les deux bulkalamos (poignées) comme pour la Kora (harpe-luth à plus de 20 cordes) ou baguettes pour d'autres modèles, puis on pince les cordes avec le pouce et l'index - pas n'importe comment bien sûr mais de manière à créer, par le jeu de doigts, des sons mélodieux. Je suis novice en la matière, et mon initiation très hasardeuse  ne me permet pas encore de percer les secrets de cet instrument qui, à l'oreille, dégage un son mélodieux et particulier que l'on ne retrouve pas de manière aussi subtile dans d'autres instruments à cordes  plus modernes. La sitar, instrument indien à cordes pincées et les harpes-luths africaines (n'goni, kora, etc.) sont des instruments pour lesquels j'ai vraiment un faible de par le son qui est produit. 

 

Je me suis enregistrée sur cette vidéo: 

 


 

 


 

Et encore un autre enregistrement:

 

Un autre enregistrement encore
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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 22:38

J'ai choisi d'évoquer, par le biais de cette vidéo, un scandale industriel qui a été, certes, moins popularisé que la catastrophe de Tchernobyl, mais qui a le mérite d'avoir existé et d'avoir fait parler de lui, et même encore aujourd'hui puisqu'il reste des victimes encore en attente d'indemnisation après la reconnaissance par l'Etat japonais de la maladie. Il s'agit, en effet, de la maladie de Minamata (du nom d'un ville du Japon) dont l'intoxication au mercure a eu, selon moi, des conséquences bien plus destructrices sur le système nerveux que les seuls effets de la réactivité nucléaire de Tchernobyl ayant généré, cependant, tout aussi gravement, des malformations, des cancers, des leucémies.

En effet, la vidéo parle d'elle-même en ce qui concerne les symptômes sévères qui ont ravagé des milliers et des milliers d'individus : pertes sévères de la motricité, quasi autisme, agitations brutales et permanentes de tous les membres du corps, handicaps neurologiques divers, désordre psychique et mental en général, sans oublier les chats du port qui, à cause d'atroces souffrances, se sont suicidés en se jetant dans la mer. Dans un cas, les dirigeants de la firme pétrochimique Chisso affirment maîtriser la technologie industrielle, ce qui ne les a pourtant pas empêchés de déverser des tonnes et des tonnes de mercure dans la mer. Ce qui a généré la pollution des eaux, et par effet d'entraînement, des poissons qui ont été consommés essentiellement par des familles de pêcheurs - les premières à avoir subi les premiers symptômes de la maladie. Et dans l'autre cas, celui de Tchernobyl, le défaut de la conception d'un réacteur, et par conséquent l'absence de maîtrise de la technologie nucléaire, a fait valoir la thèse de l'accident, ce qui a permis, entre guillemets, de ne pas réellement se sentir responsables ou plutôt coupables de ce qui s'est passé. Dans le cas de Minamata, le plus répréhensible, c'est que les dirigeants de Chisso ont cherché à acheter le silence des victimes afin qu'elles ne témoignent pas, qu'elles arrêtent leurs poursuites judiciaires, et laissent le champs libre à la firme pétrochimique, lui laissant le soin de continuer son activité mais de manière plus restrictive et plus économique en ce qui concerne son procédé de production. Le but étant de polluer moins tout en faisant des profits, dans l'esprit des dirigeants de Chisso, et tout ceci, bien avant la reconnaissance par l'Etat de la maladie et l'indemnisation des victimes, ne l'oublions pas. Les images qui parlent donc d'elles-mêmes sont assez frappantes de par ces vies détruites et sacrifiées au nom de la technologie et des profits économiques. C'est d'ailleurs ce qui est d'actualité lorsque l'on aborde la question du développement durable. 


 

 

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 12:33

mon-livre-Transfigurations.jpgJe vous informe, qu'à compter de ce jour, j'ai recouvré l'intégralité de mes droits d'exploitation sur mon ouvrage Transfigurations paru en juin 2008 aux éditions Le Manuscrit. Par conséquent, il ne sera plus possible pour les acheteurs, d'ici quelques semaines, de commander mon ouvrage à partir du site internet des éditions Le Manuscrit puisqu'il ne sera plus répertorié dans le catalogue de la maison d'édition. Il est envisageable que je le réédite plus tard chez un autre éditeur. Donc inutile de passer commande désormais. Les informations que j'avais publiées auparavant à propos de ma préface et de quelques extraits de texte continueront néanmoins à figurer dans mes articles et dans mes autres ressources internes - ressources qui font référence à mes autres sites web.

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 18:26

Vendredi 18 juin 2010 était célébré en France l'anniversaire de l'appel du 18 juin 1940 du général De Gaulle sur les ondes de la BBC. La référence en matière d'archives relative à la Libération et à la résistance - et de manière plus générale à la Seconde Guerre mondiale - est le mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la libération de Paris, ainsi que le musée Jean Moulin situés tous deux à Paris au coeur du quartier de Montparnasse, qui fut le haut lieu de la libération de Paris.

Ce qui frappe les yeux lorsque l'on découvre les salles d'exposition permanente, c'est la qualité de la conservation des archives et surtout la variété des collections présentées telle que des articles de journaux comme Le Courrier de l'Air, l'Humanité... les affiches (et pas seulement de propagande), les photographies, les cartes postales, les pièces d'identité, les ouvrages anciens, les objets essentiellement militaires très bien conservés, les archives sonores et audiovisuelles. Les documents papiers et les projections audiovisuelles sur la guerre, les nombreux discours, sont alignés et font tout le tour de chaque salle ; ils sont accompagnés de vignettes qui dressent l'historique de la Seconde Guerre mondiale selon un ordre chronologique, et ces vignettes font tout le tour de la salle également. Au centre de chaque salle du rez-de-chaussée, se trouvent des vitrines qui présentent à la fois des portraits de Leclerc ou de Jean Moulin dans leur parcours et dans leurs actions respectives. On sait que Jean Moulin, par exemple, a dû changer d'identité ; on ne le découvre pas seulement en résistant mais aussi en tant qu'artiste, illustrateur, préfet... On le voit aussi dans des scènes familiales plus intimistes, dans les Alpilles.

Il faut ajouter à cette diversité des collections, le vaste écran panoramique situé au premier étage dans la salle de la Libération qui est une pièce semi-circulaire. Ce mur d'images projette des documents audiovisuels et sonores ainsi que des photographies d'époque montrant les étapes de l'occupation de Paris, les insurrections, et enfin la libération et le rayonnement des visages. En effet, ces enregistrements se divisent en plusieurs actes du début de l'occupation jusqu'au dénouement final.

Les deux héros nationaux - Jean Moulin et le Général Leclerc - font l'objet d'une présentation détaillée à travers leur parcours, leur jeunesse, leur histoire, leur combat. C'est donc dans ce musée qui dresse un ensemble très exhaustif, qu'on peut se documenter de manière très complète et y trouver toutes les informations nécessaires.

Enfin, pour finir, dans la salle d'exposition temporaire située au premier étage juste derrière la salle de la Libération, on peut y découvrir le personnage de Stauffenberg - figure de la Résistance contre le régime nazi -, instigateur du complot contre Hitler connu sous le nom de "Opération Walkyrie" qui se terminera par l'échec de l'attentat contre Hitler le 20 juillet 1944. Dans cette salle, on peut voir 20 grandes affiches retraçant la jeunesse et la carrière de Stauffenberg, et entre autres, certaines d'entre elles font référence à son influence par rapport au poète allemand Stefan George dont il s'inspira pour écrire ses propres poèmes. Dans cette même salle, un document audiovisuel de 30 minutes permet de retracer les parcours de figures de la résistance allemande contre le régime nazi. A la fin de ce documentaire, on découvre qu'Hitler, avant d'exécuter ses conspirateurs, faisait des simulacres de procès pour les humilier en public.

Ainsi, on peut vraiment dire que ce Mémorial est à la hauteur de la mémoire historique et patrimoniale de la France, qu'il est vraiment fidèle à tous ces témoignages et ces documents d'archives. Il est incontournable pour la mémoire de la guerre. En somme, je vous le conseille.

 

Voici le lien et quelques photos que j'ai pu prendre, sachant qu'il y a énormément de choses à voir dans ces deux musées. Ils sont très vastes, et si vous voulez vous accrocher à tous les détails, il faut compter pour la visite au moins trois ou quatre  heures. Si vous parcourez seulement toutes les salles sans lire et sans écouter tous les enregistrements, vous en aurez pour une heure ou deux heures mais ça dépend de ce que vous cherchez et de vos habitudes.

 

http://www.paris.fr/portail/loisirs/portal.lut?page_id=6923

 

 

Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 002Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 003Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 004Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 005Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 006Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 007Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 008Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 009Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 012Mémorial du Maréchal Leclerc et musée Jean Moulin 015

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 13:00

Chers internautes qui me lisez régulièrement ou non,

Vous me connaissez en tant que poète d'inspiration romantique, propageant les sombres litanies de Baudelaire ou de Lautréamont dans une inspiration plutôt sénile, mais saviez-vous que j'avais également une passion dévorante pour l'humour franglais que je pratique à ma guise oralement et par le biais de l'écriture ? A ma connaissance, non. Franglais, comme son nom l'indique, est un mélange d'humour français et d'humour anglais. J'aime le rire français depuis de nombreuses années, en particulier l'humour de Raymond Devos avec ses jeux de mots tordants et postillonnants, et je me suis mise à pratiquer l'humour anglais plus tardivement sans savoir immédiatement que c'était de l'humour anglais qui ressortait de certaines de mes compositions. Par conséquent, je me permets de changer temporairement de registre. Ce que vous lisiez habituellement de moi était différent, et dans la perspective d'un recueil prochain mais indéfini, de mes textes humoristiques - encore que je n'excelle pas dans cette prose et qu'il me faut encore de la maturité dans ce domaine - je voulais néanmoins vous livrer quelques citations originelles, donc de moi bien entendu, que j'ai couchées sur le papier au gré d'inspirations va-et-vient. Ne voyez aucune cohérence entre chaque citation ; elles sont indépendantes l'une de l'autre. Si j'ai le projet d'écrire un recueil humoristique, ce sera une histoire entière et non des citations mises les unes après les autres. Voici donc une liste grossièrement établie de  citations franglaises que j'ai imaginées, j'en ai bien d'autres mais je ne peux pas toutes les écrire, j'en sélectionnerai au fur et à mesure et je les rajouterai à cette liste. 

Un humour à dessous est un humour coquin car un dessous coquin vaut bien plus que deux sous.  Un humour à deux sous, ça serait : "Si le prince Condé avait été roi et que le verlan avait été la langue officielle de la Renaissance, alors il serait sûrement devenu le roi des Cons". Allez, mettez-moi des pouces en haut, et toi là-bas dis-donc, fais semblant d'être admiratif, enfin ! Allez, pousse cent oooooohooooooh !!! 

J'ai bien envie d'étrangler celui qui a mis du noir dans mon earl-grey ! Il faut vraiment être Anglais pour mettre du café dans du thé ! Si c'est un Anglais, j'ai bien le droit de l'étrangler, on a le droit de l'être Anglais (= de l'étrangler) bien entendu mais à condition de respecter les limites, car une pause earl-grey, c'est sacré même pour les Irlandais ! Il s'avère que cet Anglais-là n'aimait pas les Irlandais, c'est pour cela qu'il s'est permis de caféiner mon earl-grey comme si le goût était inné, mais voyez-donc ce qu'a fait (café) ce malade pour le rendre moins anglais, alors vous m'aidez à l'étrangler oui ou non  ? 

Voulez-vous que je vous passe du baume au coeur ? C'est fait pour les bobos au coeur, mais attention, ça pique un peu et il faut avoir le coeur bien accroché et non fébrile car je n'ai pas de défibrillateur, donc attendez-moi une minute, je saute du toit du building pour vous rapporter un accroche-coeur, il pourra vous être utile pour vous retenir en cas de chutes et de rechutes de coeur surtout si l'altitude est haute, et oui car qui tombe, surtout d'aussi haut, fait tomber les coeurs, je vous ramène donc le kit oxygène du parfait tombeur qui tombe les coeurs , ça ira vous et votre coeur ça va ? Ô qu'ci ça va o qu'c'est jeune !

Qui prend la mouche ménage son hameçon !

Fut-il un temps... un temps fut-il... un temps futile, fuit-il le temps ? 

Saviez-vous que Stacy Lubrick était la fille cachée du réalisateur Stanley Kubrick ? Elle a juste changé la première lettre de son nom pour ne pas qu'on l'associe à son père. L'un, comme chacun sait, a réalisé Orange mécanique, et l'autre présente une émission intitulée "les n'infos mécaniques". C'est une émission de n'infos conseils dans laquelle des femmes se mettent à nue à plusieurs pour aider les messieurs à faire démarrer leur moteur encrassé grâce à des huiles lubrifiantes que l'on ne trouve pas sur le marché, les nimphos servent les messieurs avides de n'infos mécaniques, il faut évidemment être un monsieur pour comprendre la mécanique et les trucs de mécanos que seules de rares femmes comme celles-ci maîtrisent. C't'assez lubrique, vous trouvez pas ? Normal c'est Stacy Lubrick qui connaît tout ça, tout un programme ! 

 

Hécate est tombée de haut ! C'est l'hécatombe au tombeau !

Si vous êtes en compagnie de votre marraine, qu'elle est vieille, catholique et qu'elle ne comprend pas l'anglais, il existe un moyen simple pour lui faire plaisir. Faites-lui écouter la chanson God save the Queen, et adapter les paroles à votre marraine, ne traduisez surtout pas par : Dieu sauve la Reine, mais choisissez plutôt : Dieu sauve Marraine ! Elle vous remerciera de lui avoir dédié une chanson spécialement pour elle !

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 13:56

Damien Hirst For the Love of GodMemento mori ( "souviens-toi que tu vas mourir") : telle était la thématique des Vanités. C'est une expression que l'on retrouve dans la philosophie gréco-romaine, en particulier chez les Stoïciens.

 

Samedi 27 février, j'ai donc été voir l'expo sur les Vanités au Musée Maillol, et je ne me doutais pas qu'il existait autant de manières différentes pour les artistes contemporains de représenter des crânes ; il y avait de multiples façons de mettre en valeur des têtes de mort dans la partie de la galerie consacrée aux contemporains, si bien qu'on en riait ou qu'on s'en étonnait. Pour le reste, c'est dans l'iconographie de l'Occident chrétien que se reflètent les images consacrées à la mort. Les allégories religieuses confèrent une place importante à la représentation de la mort. En effet, dans la tradition byzantine, l'image du crâne au pied de Jésus crucifié sur le Golgotha qui, lui-même, signifie "crâne",  symbolise le crâne d'Adam. L'arbre, qui devait fournir le bois de la Croix, germa dans la bouche d'Adam dans laquelle une graine avait été mise.

Dans les différents tableaux, comme ceux de la vanité des Plaisirs ou de la Vanité au livre, le crâne - symbole de la mort chrétienne -  rappelle la Chute et la Rédemption. Il y a de nombreuses évolutions, au cours des siècles, de la représentation de la mort, mais il semblerait que l'âge d'or de la Vanité se situe durant la Réforme protestante. Les saints, comme le Pénitent saint François , sont représentés avec un crâne qu'ils tiennent. Pour Marie Madeleine, le crâne est un emblème de méditation. Les Protestants préféreront les natures mortes, étant donné qu'ils rejettent l'iconographie sacrée, telle que la statue par exemple, qui est un symbole d'idolâtrie et de superstitions. Le crâne est souvent représenté dans les différents tableaux avec des attributs complémentaires comme le sablier et la bougie qui symbolisent la fuite du temps.

L'intérêt réel de l'exposition réside dans l'évolution des représentations, car le crâne n'est plus seulement un objet de peinture mais son image se désacralise peu à peu, puisque lorsqu'on évolue vers l'époque contemporaine, il devient un accessoire et s'adapte aux modes. Dans le mouvement pop art par exemple, Andy Warhol peignait ses skulls en multicolore, avec des ombres portées, un peu à la façon d'une star qu'il fait briller. Pourtant, dans une même époque contemporaine, à savoir au sein même du XXe siècle, la mort est imaginée de plusieurs façons différentes. Chez les expressionnistes allemands, la vision n'est pas la même que chez des artistes contemporains qui ont sculpté des crânes dans des fruits par exemple. C'est Dimitri Tsykalov qui sculptait des crânes dans les pommes, les pastèques, les aubergines. Damien Hirst a fabriqué des crânes avec des mouches, etc.

On peut voir aussi au cours de l'expo des radiographies de crâne, et le crâne est donc repris par des scientifiques qui lui ôtent toute dimension théologique. Ce sont les consciences qui évoluent au cours des siècles et qui permettent donc de changer l'image des crânes au fur et à mesure des époques. Certains contemporains reprennent même des thèmes actuels dont ils se servent pour représenter les crânes. Une grande peinture de Jean-Michel Basquiat nous alerte puisqu'on y voit pleins de graffitis un peu dans tous les sens ; il représente un crâne à cornes, des os, des espèces de couronne, tout ça sur fond de couleurs flashy, rouge, jaune,  qui inspirent la rage de l'artiste. Ses origines haïtiennes y sont pour beaucoup dans sa peinture puisque les signes de son tableau qui, pour nous, symboliseraient plutôt une certaine colère, sont en fait des références au culte vaudou. Enfin, toujours chez les Contemporains, le crâne est resplendissant, scintillant, avec pleins de diamants ou de pierres précieuses dessus. Par exemple, le For the love of God, de Damien Hirst, qui est une sculpture composée de 8601 diamants, donne finalement au crâne une apparence de modèle inaccessible, suscite l'admiration, et pour cause ! cette sculpture a été vendue à 100 millions de dollars en 2008 ! D'autres artistes utilisent des objets simples comme des ustensiles de cuisine ou encore des gants percés de crayons de couleur pour représenter d'immenses oeuvres au mur qui ont la forme du crâne. Le fait d'utiliser des matériaux contemporains n'est pas anodin.

Je ne vous en dis pas plus, il y a tellement d'oeuvres que je n'ai pas citées. Le mieux est de découvrir par vous-même toutes ces oeuvres qui sont présentées jusqu'au 28 juin 2010. Retenez simplement la formule suivante que vous verrez au musée, pour clore ma présentation de l'expo : "Bonis Bona, Malis Mala" :  "les biens aux bons, les maux aux mauvais".  Voici des exemples d'oeuvres présentées à l'expo

Damien Hirst For the Love of GodJoël-Peter WitkinSkull IV, Dimitri TsykalovSimon Renard de Saint André, Vanitas

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 19:40

Mélange d'archives historiques se rapportant à la Guerre des Gaules entre 58 av. J.-C et 51 av. J.-C, et de photographies personnelles de sites archéologiques que j'ai visités bien qu'ils ne soient pas en rapport direct avec les sites d'Alésia ou de Gergovie. Les images du siège d'Alésia, de Vercingétorix déposant les armes aux pieds de César, des différents lieux, de la déesse Epona et autres, sont mis en musique par le compositeur Pierre Charvet : Chant de mort d'Alésia

 

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 17:38

Voici un enregistrement que j'ai réalisé avec ma propre voix pour faire découvrir deux textes de moi dans mon premier recueil publié en 2005 : Des oraisons dans un écrin. Les deux textes que je lis s'intitulent : "La voix de l'océan" et "Sois mon dernier soupir". 

 

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  • : Au départ, mes premiers articles étaient rédigés dans l'intention d'archiver mes souvenirs les plus marquants, puis mon blog, devenu fourre-tout au gré de mes découvertes, s'est élargi à l'information et à la transmission culturelle. Constitué de billets d'humeur et de comptes rendus dans des domaines aussi divers que la poésie, les sciences humaines, les sciences de l'éducation, les livres, les expositions, les récits de voyage, c'est un espace d'expression libre, intellectuelle et artistique, destiné à tous les publics.
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