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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 17:28

 

Je ne suis pas Brigitte Bardot ni une militante activiste ; je ne suis pas non plus végétarienne, mais comme tout être civilisé, responsable et ayant un coeur et une âme, je m'indigne contre une pratique barbare qui, au nom d'une soi-disant "tradition" - prétexte à la légitimation de toute pratique cruelle -,  continue honteusement à se pratiquer, et pire encore à être promue au patrimoine culturel français depuis le 22 avril 2011 - héritage de notre ancien gouvernement. Il semblerait qu'à ce jour, malgré les pétitions (plusieurs ont déjà été signées à ce jour) et les actions des comités pacifistes anti-corrida, le nouveau gouvernement socialiste n'a pas pris d'initiative pour retirer la corrida de cet inventaire ni même abolir tout bonnement la corrida des arènes de France et des pays hispaniques dans lesquels cette pratique est encore en vigueur.

Il y aurait plusieurs raisons à cela : d'abord il se pourrait que, parmi les ministres actuels, certains se revendiquent aficionados, mais aussi parce que dans le contexte actuel, ce gouvernement hiérarchise les priorités des Français. Ce qui signifierait que la tauromachie ne ferait pas partie de ces priorités puisque les droits de l'homme passent avant les droits de l'animal, dans la tête de beaucoup de personnes.

C'est en lisant récemment cette phrase d'Eckhart Tolle tirée de son ouvrage Le pouvoir du moment présent  - "sur le plan corporel, les humains sont très proches des animaux. Toutes les fonctions de base du corps : le plaisir, la douleur, la respiration, l'alimentation, la désaltération, la défécation, le sommeil, la pulsion à trouver un compagnon ou une compagne pour procréer et enfin, biensûr, la naissance et la mort, nous les avons en commun avec les animaux" - que la pensée suivante m'a traversé l'esprit : je me suis dit que les gens devraient se poser la question : "En quoi suis-je différent de l'animal hormis le fait que, sans langage, l'animal ne peut pas briller par son intelligence ?" Ainsi, l'homme considère qu'une plante, un animal et tout autre créature vivante qui ne possède pas le langage humain, ne peut pas s'exprimer sur le plan émotionnel, verbal et non-verbal. Par conséquent, si on arrache une plante, elle ne se débattra pas puisqu'on ne l'entendra pas crier, alors on supposera qu'elle n'a pas mal et qu'on peut donc l'arracher comme bon nous semble, d'où la supériorité ressentie par l'humain parce qu'il ne rencontre pas de résistance de la part de sa victime ; idem pour l'animal qui, dans le cas de la corrida, ne peut pas se défendre et reste prisonnier. L'homme se sent donc tout puissant.

La supériorité dont pense être doté l'humain grâce à la technologie, aux outils, aux machines, à l'abondance, n'est en fait basée que sur une projection erronée de son mental, pensant qu'il est plus intelligent que les autres espèces, du fait qu'il a accès au langage qui lui donne la faculté de commander - et, s'il veut, de commander la destruction de l'univers. En étant dominé par son mental, l'homme ne parvient pas à ressentir les émotions des êtres vivants qui cohabitent avec lui parce qu'ils n'ont pas le même langage que lui, ou pire encore parce qu'il croit que ces espèces sont dépourvues de langage, ou que ce langage n'a pas de valeur. Voilà donc le raisonnement humain qui conditionne le comportement qu'il a envers les plantes, les animaux et le reste. 

Dans de nombreux pays où la torture des animaux est monnaie courante, il n'y a pas cette conscientisation de la souffrance de la part des hommes, et ils ne connaissent pas le sens du mot torture. Pour eux, leur acte n'est pas un acte de cruauté ; c'est un acte banalisé pratiqué par leurs ancêtres et perpétué de génération en génération, de père en fils ou de mère en fille. C'est donc le pays dans lequel ils naissent et grandissent qui conditionne ce rapport de l'homme à l'animal, et c'est pour cette raison que des gens ne prennent pas conscience de la souffrance qu'ils causent aux animaux. Et chaque fois que de bonnes âmes dénoncent leurs pratiques, ils vont considérer que l'on méprise leurs traditions. C'est donc un prétexte pour ne pas reconnaître la valeur de leurs actes. 

 Or, il faut avoir un double raisonnement ; d'abord, le droit de l'animal existe bel et bien puisqu'une source incontestable et officielle qui est la déclaration universelle des droits de l'animal, a été rendue publique en 1990 après avoir été proclamée par la maison de l'Unesco à Paris en 1978. Cette déclaration se compose d'un préambule et de 10 articles.

Parmi ces 10 articles, ceux qui pourraient être cités comme étant un droit inaliénable de l'animal sont : l'article 2 : "toute vie animale a droit au respect" et surtout l'article 3-1 : "aucun animal ne doit être soumis à de mauvais traitements ou à des actes cruels". L'alinéa 2 de l'article 3 précise: "si la mise à mort d'un animal est nécessaire, elle doit être instantanée, indolore et non génératrice d'angoisse".

Autrement dit, l'animal ne peut être mis à mort que pour nourrir l'être humain, pour satisfaire des besoins vitaux et dans des conditions d'hygiène acceptables. Or, que se passe-t-il avec la corrida ? C'est tout le contraire : le taureau est maltraité déjà avant d'entrer dans l'arène puisqu'il doit être présent 42 heures avant le spectacle, et il est enfermé dans un enclos étroit et sombre, sans soin, livré à ses propres angoisses ; il est maltraité pendant la corrida et après la corrida, c'est-à-dire lors des dernières secondes de son agonie. Les scènes que j'ai pu voir dans certains reportages m'ont fendu le coeur de douleur et m'ont totalement décomposée. J'en ai eu les larmes aux yeux et le souffle coupé, car j'ai ressenti cet effroyable acharnement humain, cette brutalité de l'homme sur l'animal.  Le taureau est angoissé dès qu'il est plongé dans l'arêne et va subir une effroyable torture sanguinaire du début à la fin du tournoi qui n'est autre qu'un spectacle de barbarie, véhicule une culture de la mort et un sadisme par la souffrance. 

Ces valeurs ne respectent donc absolument pas l'article 3 alinéa 2, ni les valeurs civiques qui sont inscrites dans la déclaration des droits de l'homme. Cette pratique-là est donc surannée, barbare et contraire à la civilisation. L'animal n'est pas mis à mort pour un besoin vital de nourriture mais pour nourrir les appétits pervers et sadiques de l'homme, pour nourrir ses pulsions de mort et les exhiber en public. Les cris jubilatifs des spectateurs, à chaque piqûre par les torreros, montrent à quel point le public jouit de cette violence sans nom.

Autre article : l'article 5, alinéa 5 : "les exhibitions, les spectacles, les films utilisant des animaux doivent aussi respecter leur dignité et ne comporter aucune violence". La corrida enfreint cette règle. De plus, selon moi, le taureau doit être rendu à son milieu naturel. Il ne doit être en aucun cas exhibé en spectacle et à des fins de torture. Abolir cette corrida, c'est rendre enfin à l'animal sa liberté en lui accordant le droit de le laisser vivre dans son milieu naturel.

 

Enfin, l'article qui me semble le mieux servir de conclusion à mon argumentaire est l'article 7 : "tout acte impliquant sans nécessité la mort d'un animal et toute décision conduisant à un tel acte constitue un crime contre la vie". Je dirais donc que les toreros sont des criminels et également des manipulateurs, puisqu'ils bernent le public en leur faisant croire qu'ils accomplissent un acte héroïque, alors qu'en réalité, leurs mouvements ne s'appuient que sur le comportement du bovin. Le mot "combat" est donc employé à tort, car le taureau ne combat pas. S'il charge, ce n'est pas pour combattre. En outre, il n'y a aucune équité entre le torero et le taureau. Les armes sont très nombreuses chez le torero, alors que le taureau, lui, n'est pas armé et ses cornes ne servent pas d'arme. Le torero joue avec le comportement de l'animal et avec son "temps de latence regard-déplacement" : cet argument est tiré d'une parole d'un propriétaire d'un vrai taureau de corrida : Fadjen - un toro bravo - qu'il a élevé comme un animal de compagnie.

Ce n'est donc qu'une histoire d'argent. Rien d'héroïque dans leurs gestes. Ils ne risquent en aucun cas leur propre vie. En revanche, ils mettent la vie d'un animal en danger. Rappelons que le taureau est un bovin herbivore qui n'est pas dangereux pour l'homme. C'est donc un animal sans défense malheureusement utilisé à des fins mortelles. Il ne s'agit pas foncièrement de mépriser une culture ancestrale mais bien de la faire évoluer et donc de la faire disparaître, si nécessaire, afin de la contextualiser dans une époque donnée, déterminée, de civilisation, de démocratie.

Par exemple, à notre époque il n'existe plus de combats romains de gladiateurs comme dans l'Antiquité ni de condamnations à mort d'un condamné devant un public moyenâgeux qui est là pour se divertir des souffrances psychiques du condamné, précédant sa mise à mort par le bourreau. Les sacrifices d'animaux aux dieux tels qu'ils se pratiquaient dans la Grèce antique, la Rome antique ou en Orient, n'existent plus aujourd'hui. Par conséquent, pourquoi ne pas abolir la corrida tout comme ces pratiques d'un autre temps qui n'avaient lieu que dans une époque et dans un contexte spécifique ? Les moeurs ont évolué, les gens aussi... Donc il faut absolument rendre à l'animal sa dignité, son respect, parce que c'est justement un être vivant comme nous qui a donc droit à son existence. Le droit de l'animal est donc indissociable des droits de l'homme. Tous deux disposent d'une déclaration, et cette déclaration permet la cohabitation pacifique entre les animaux et les hommes qui partagent cette planète terre en commun et régit les équilibres écologiques nécessaires à la vie. 

Je sais que mon argumentaire ne sera lu et approuvé que par les personnes qui ont un coeur et une âme et qui réfléchissent avant tout à la dignité, au respect et à la morale avec leur coeur et non pas avec leur désir de curiosité malsaine et à leurs pulsions bestiales, comme c'est le cas de ce public d'aficionado qui semble être resté à un stade de déficience intellectuelle et morale, rempli d'égoïsme et de pulsions. Faites une bonne action en signant quelques-unes de ces pétitions dont je mets les liens en ligne, et pour les plus militants d'entre vous, rejoignez les associations. En attendant, gardons espoir que la corrida sera abolie en 2012 et que vos signatures sauront agir sur les décideurs. 

 

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Voici une vidéo qui illustre bien cette déclaration des droits de l'animal 

 

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Published by Princess Sarah - dans actualité
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philae 22/07/2012 20:36

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Princess Sarah 23/07/2012 00:21



 Merci. Ce que je ne comprends pas c'est que le Président, dans son allocution, a eu une reconnaissance pour les
raflés du Vel d'Hiv puisqu'il a qualifié la rafle du Vel d'Hiv de crime commis en France par les Français mais au sujet de la corrida, rien, aucune pensée alors que nous sommes nombreux à
attendre qu'il reconnaisse aussi le crime contre l'animal pour qu'il abolisse enfin la corrida et la retire du patrimoine. Donc on ne sait pas combien de temps encore on va attendre pour qu'il prenne cette décision  



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