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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 10:46

affiche_algerie_juin_2012_0.jpgL'exposition Vies d'exil-1954-1962. Des Algériens en France pendant la guerre d'Algérie, est à découvrir jusqu'au 19 mai 2013 à la CNHI, 293, avenue Daumesnil, Paris XIIe.  


L'exil des travailleurs algériens en France est traité dans sa dimension humaine et sociale. Il s'agit véritalement d'un thème lié à l'histoire sociale plus qu'à l'histoire événementielle. Par conséquent, une recherche pure d'authenticité et d'humanité marque l'empreinte nostalgique de cette histoire, véhiculée par les archives audiovisuelles et photographiques plus particulièrement, mais aussi les archives administratives, les objets et les oeuvres d'art.  

Ainsi, nul besoin d'avoir vécu une époque pour en ressentir de la nostalgie. La Nouvelle Vague cinématographique de la fin des années 1950, sous l'égide de François Truffaut ou Jean-Luc Godard, renforce le sentiment d'authenticité des mouvements de société et des relations sociales. Les événements de la guerre d'Algérie ne sont utilisés que comme une illustration complémentaire de l'histoire sociale qui est le fil conducteur de l'exposition.  En réalité, les événements de la guerre d'Algérie sont donc très peu évoqués, puisque l'exposition laisse avant tout la parole aux travailleurs algériens exilés en France pendant ces événements. En effet, elle met davantage l'accent sur des témoignages d'hommes et de femmes relatant leurs conditions de vie en France comme c'est le cas dès l'entrée de l'exposition,  dans le bidonville de Gennevilliers, dans un documentaire diffusé sur INA le 4 mars 1960, un an avant les grandes manifestations algériennes. On y apprend que sur les 3 000 habitants du bidonville, beaucoup vivaient à plusieurs dans une même pièce et que beaucoup n'ont pas eu le choix, car il coûtait trop cher de se loger. La parole est également donnée à des enfants, frères et soeurs. La méfiance et le silence coexistent avec les paroles d'hommes humbles qui ont ouvert leur porte pour témoigner et qui témoignent sans nulle hostilité ou marque d'affection.  Seuls les étudiants étaient épargnés par les conditions précaires du logement étant donné qu'ils étaient logés en résidence universitaire. 

    
Au cours de la visite, il est rappelé quelques chiffres sur l'évolution de l'immigration des travailleurs algériens depuis 1912 - année au cours de laquelle 5 000 Algériens, dont beaucoup de Kabyles, étaient employés en France. Puis vient l'année 1945 où une nouvelle génération s'installe dans les grands centres industriels pour contribuer à l'effort de reconstruction de la France.  Enfin, l'immigration familiale débutera vers 1950-52, et les Algériens vont travailler essentiellement dans deux secteurs-clés : l'industrie mécanique et électrique, et le BTP. La loi du 26 juillet 1957 sur le strict renforcement du contrôle policier n'avait pour but que de limiter la mobilité des Algériens en métropole, ce qui a notamment nuit à la recherche de mesures concrètes par l'Etat pour sortir les Algériens des bidonvilles et des foyers-hôtels. Des militants philanthropes comme Monique Hervo ont fait preuve de solidarité et cherchaient les solutions que l'Etat ne trouvait pas. Elle raconte son témoignage sur le bidonville de la Folie de Nanterre. De très belles photos ont été prises par Monique Hervo.  La Cimade faisait également preuve de solidarité et d'engagement.  

A côté des témoignages et des difficultés évoquées, des manifestations qui dégénèrent en octobre 1961 à Paris, l'exposition met aussi en avant des chanteurs, des intellectuels algériens comme Mohamed Dib, Jean Amirouche, Yacine Kateb, des photographies de lieux de sociabilité, uniques lieux permettant d'atténuer la rigueur de l'exil : par exemple les cafés-hôtels dans lesquels les Algériens se retrouvent pour écouter de la musique, voir des concerts, des pièces de théâtre et prendre connaissance des nouvelles d'Algérie et des offres de travail. Les Algériens se réunissent en association, comme par exemple les repas organisés par l'Amicale générale des travailleurs algériens. Bref  une bonne partie de l'exposition évoque des fêtes et des moments de bonheur jusqu'au jour de la proclamation de l'indépendance du 5 juillet 1962, et ce, toujours avec cette manière de photographier     digne de l'époque des années 1960.   

 

Dans le cadre de mon activité d'écrivain public, je serais ravie de pouvoir être contactée par un auteur désirant faire écrire un récit de vie, ses Mémoires, un témoignage historique, ou une biographie familiale avec archives à l'appui.  

Visitez mon site : http://www.laplumedepierrot.com

 

 

Pour en savoir plus sur l'exposition :

link

source du lien :  site de la cité nationale de l'histoire de l'immigration 

 

 


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Published by Princess Sarah - dans histoire
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