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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 07:02

 

 

Anton GabbianiBotticelli-adoration-des-mages.jpg

Anton Domenico Gabbiani, Portrait de trois musiciens de           Sandro Botticelli, Adoration des Mages, 1476

la Cour des Medicis, 1687

 

 

 

Je me suis rendue le samedi 9 octobre à l'exposition "Le trésor des Medicis" au musée Maillol à Paris. Comme son nom l'indique, l'exposition met l'accent sur les trésors et nombreuses collections de chefs-d'oeuvre accumulés par cette dynastie à la fois de marchands, banquiers, mécènes et princes florentins depuis Côme l'Ancien (1389-1464). Ce compte rendu a seulement pour objectif de  donner un aperçu des collections que renferment les différentes salles, à destination des futurs visiteurs, historiens ou simples curieux, ou bien encore des étudiants préparant la question de Capes de la session 2011: "Le Prince et les arts en France et en Italie (XIVe-XVIIIsiècle)". Cependant, il faut à garder à l'esprit que le tracé de ce parcours, sous forme d'approche, ne remplace pas les ouvrages sur la question. Néanmoins, cette exposition attirera l'attention de l'étudiant qui trouvera une mine d'informations écrites sur les relations des Medicis avec les artistes et sur l'évolution du mécénat princier que je n'évoquerai pas ici. Cette exposition reste un bon complément à la question.

 

 

Les Medicis désiraient remodeler la vie par l'esthétique et la science. De là vient le mouvement du mécénat princier pour l'art. Cent soixante objets dans ce musée, de nature très variée, correspondent au « goût médicéen », c'est à dire aux choix esthétiques, artistiques des Medicis. On y découvre plusieurs pièces d'apparat et d'intimité. De même, différents palais ont été achetés ou édifiés par la famille princière.

 

 

L'exposition, davantage thématique que chronologique, s'organise autour de différentes salles : salle des fêtes, cabinet des merveilles, bibliothèque, jardin, chapelle, salle des sciences, théâtre, atelier de pierres dures, cabinet de dessins et salon de musique.

 

Dans la première partie de l'exposition, on a des oeuvres variées de nature différente. 

On peut citer le portrait d'Eléonore de Tolède, par Agnolo Bronzino, portraitiste de Cour : c'est ce portrait qui figure, par ailleurs, en tête d'affiche de l'exposition. Ce portrait révèle la maniera de l'artiste. Elle est représentée dans ses habits de cour, et sa main est mise en avant puisqu'elle porte deux bagues dont l'une est une pierre gravée des symboles de la fertilité et de la fidélité. La particularité de cette bague n'est pas seulement sa symbolique, mais le fait qu'Eléonore de Tolède emporte cet anneau jusque dans sa tombe.

          On y voit aussi des oeuvres d'inspiration antique comme celles de Benvenuto Cellini "Persée libérant Andromède",  bronze datant de 1545, considéré comme un instrument de propagande. Andromède symbolise la Florence éperdue. L'art romain est aussi représenté sur des camées. On y découvre aussi des sculptures, des tapisseries, etc.

 

Dans le Cabinet des merveilles - autre salle du musée - les objets font référence aux naturalia ou aux artificalia. Le programme iconographique a pour but de frapper le visiteur. On peut y voir un grand portrait de François Ier, mais aussi et surtout les objets exotiques collectionnés par les Medicis et représentant le Nouveau Monde, par exemple une corne de rappel africaine, un manteau de plumes rouges du Brésil, un plateau ovale de St-Domingue en bois et en coquillage, un masque indien en jade, un collier de 70 coquillages de St-Domingue, etc. Le lapis-lazuli faisait partie des pierres très convoitées par les Medicis, et par conséquent certaines oeuvres étaient composées de ce bleu intense qu'est le lapis-lazuli.

 

 

Dans la bibliothèque médicéenne, Cosme III réunit, en 1771, toutes les collections des villas et palais familiaux dans la bibliothèque Palatine. On y trouve des classiques latins, des traités de médecine, des sonnets de Laurent le Magnifique, des éditions d'Homère. Ainsi, on peut y voir un grand volume de lettres. De ce fait, Catherine de Medicis a laissé environ 11 volumes de lettres. Sa correspondance la plus marquante est celle qu'elle entretient avec Nostradamus. Elle essaye de recueillir des prédictions de paix, d'amour, d'union et de concorde auprès de Nostradamus. Dans cette bibliothèque, on peut y découvrir :

 

 

- un recueil de chansons enluminé, de Laurent de Medicis, sur parchemin (XVe siècle) ;

 

- un livre d'heures d'une des filles de Laurent par Francesco Rosselli ;

- un recueil de chansons du maître du codex: Squarcialupi, sur parchemin ; la partition est entourée d'enluminure avec des personnages jouant de la harpe ;

 - des registres de lettres ;

- une reliure de parchemins ;

- des manuscrits originaux écrits à l'encre sur papier.

 

 

Quand Jean de Medicis devient le pape Leon X en février 1513, il devient un grand organisateur de fêtes et un collectionneur de manuscrits. Il va faire de Rome le paradis des artistes et des intellectuels.  Par exemple, Leon X demande à Andrea Del Sarto de peindre pour le carnaval romain, de somptueux décors.  Andrea Del Sarto a peint :

Trois musiciens (1513) jouant de 3 instruments différents

 

Deux personnages en armure (1513). 

 



On ne peut passer sous silence, dans cette exposition, les portraits des deux reines de France : Catherine et Marie de Medicis. Le visiteur s'attardera alors sur le célèbre Portrait de Catherine de Medicis par Germain Le Mannier (1547-1559). Dans ce portrait grandeur nature où la reine porte une robe somptueuse, elle porte sept perles rares que son oncle Clément VII (Jules de Medicis) lui a offert à l'occasion de son mariage. Sa robe toute entière est parée de perles, et l'artiste insiste sur la somptuosité qui se veut être le symbole du sang royal de Catherine de Medicis. A côté de ce portrait trône évidemment celui de Marie de Medicis par Frans Pourbus le Jeune. Elle était, d'après les sources, très douée pour le dessin et passionnée de bijoux.  Elle importe, de Florence à Paris, l'art des promenades plantées, les fontaines monumentales et les statues équestres. Elle commande à Rubens un cycle à la gloire de sa vie pour son palais du Luxembourg inspiré du Palais Pitti. Sur ce portrait grandeur nature mais légèrement différent de celui de Catherine De Medicis, on peut admirer sur son manteau royal, des lys d'or - symboles de la Royauté -, ainsi que des perles beaucoup plus grosses que celles de Catherine de Medicis, qui témoignent de la magnificence princière.

 

Je passe sur l'Atelier des Pierres Dures pour en venir aux jardins à l'italienne. En effet, la botanique était la passion des Medicis. Dans cette salle, l'oeuvre majeure est :

Giusto Uten : Vue du Palais Pitti et jardin de Boboli (1598). Le visiteur notera la vue d'ensemble parcellaire et géométrique du tableau, la fontaine au centre et les éléments de perspective.

 

Enfin, je termine par le Cabinet des mathématiques et le Salon de Musique. Le Cabinet des mathématiques est créé par Cosme Ier et il regroupe les instruments de guerre qui ont servi à battre Sienne en 1555. Dans ce cabinet, on peut citer entre autre, le télescope de Gallilée, l'horloge solaire, la tête anatomique, le cadran solaire, l'astrolabe du XIIIe siècle, l'âme au purgatoire.

Enfin, le Salon de musique est l'initiative du Grand-Prince Ferdinand, fils de Côme III, qui choisit les objets les plus raffinés. Il organise l'exposition des beaux-arts en 1705.  Il passe aussi commande de 5 opéras à Alessandro Scarlatti. On peut y voir, entre autres, le violoncelle de Niccolo Amati, ainsi qu'une huile sur toile de Anton Domenico Gabbiani : Portrait de trois musiciens de la Cour des Medicis (1687). On y voit trois musiciens et un serviteur noir.

 

Bien sûr ma synthèse, bien loin d'être exhaustive, omet bien d'autres oeuvres qu'il est inutile de commenter ici et qu'il convient de découvrir soi-même. Elles ne manqueront pas de vous étonner. J'ai moi-même beaucoup apprécié l'ensemble des oeuvres assez riche, et plus exactement le faste des oeuvres et la manière dont elles sont mises en valeur pour traduire le rayonnement politique et artistique de cette dynastie médicéenne. Un film est également projeté sur les grandes étapes de la vie de Côme.

 

 

Giambologna_Apollon.jpgMarie-de-Medicis.jpg

Giambologna, Apollon          Frans Pourbus, Portrait de

                                        Marie de Medicis, 1611

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Published by Colombine aux mains d'argent - dans culture
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