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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 19:42

 

        De mon rêve à l'arrière-goût troublant, je vous en livre le récit sans invention aucune et sans ajouts. Les vagues souvenirs qui me reviennent m'ont laissée, quelques minutes après mon réveil, pensive et longuement silencieuse. Il arrive que certains de mes rêves produisent en moi une attitude de méditation de courte durée. Le récit est inachevé car je me suis réveillée avant la fin, mais aussi parce qu'il m'est impossible de mettre des mots sur mon ressenti dès lors que c'est dans la réalité que je le raconte. J'ai écrit ce rêve immédiatement après m'être réveillée, pour m'en souvenir.
        Une chaleur agréable glisse à l'intérieur de mon corps - tellement agréable qu'elle simule des énergies positives. Mais j'ai les yeux clos pendant que cette chaleur m'envahit. Je ferme toujours les yeux quand une sensation provoque en moi un bien-être intense. Cependant, je suis curieuse de connaître la nature de cette chaleur. Alors, à ce moment-là, je décide d'ouvrir les yeux. Et là, quelle ne fut pas ma frayeur de me voir recouverte de flammes, flottant à l'intérieur d'une mer profonde, agitée et rougeoyante. Ce n'est pas possible ! me suis-je dit, car la chaleur des flammes n'est, d'ordinaire, aucunement agréable pour personne, et pourtant... si ; aucune douleur ne m'assassine, bien qu"à ma connaissance, je ne sois pas immunisée contre la douleur physique. Ce n'est que bien après que j'ai compris, qu'en réalité, mon corps n'était pas imprégné de flammes mais que la couleur vive de ces flammes était tellement aveuglante qu'elle me menaçait. Elles sont juste au-dessus de moi et elles me donnent l'illusion de recouvrir mon corps comme un long manteau.
         J'ai l'intime conviction que, sous cette mer en feu et uniquement en dessous, je suis protégée ; rien ne peut m'arriver, à condition d'y demeurer pour toujours quelle que soit la sensation qui m'habite, quel que soit le destin qui m'attend. Jamais je ne dois remonter à la surface. C'est dans ces moments-là que mes questions existentielles se posent ; oui elles se posent à la vitesse de la lumière, à moi qui suis paniquée, qui ne reverra jamais la lumière du jour, condamnée à errer sous ces eaux et y bâtir mon royaume sous la mer. Elle est en train de m'appartenir cette mer ; me l'approprier est ma seule survie. Mes neurones sont paralysés. Ma conscience subit les pressions abjectes du corps et de l'affect et n'est plus capable de se défendre, de réagir aux traumatismes. Instantanément, une seule question me brûle les lèvres : quand ce feu s'arrêtera-t-il là-haut ? Est-il éternel ? Quand remonterai-je à la surface ?
         Car j'ai une vision terrible qui ne trompe pas de là où je suis. Les enfers de Dante sont un Eden comparé à ce champ de flammes qui brûle sur un chant de mort. Je sens une terrible douleur morale, l'incandescence de ces flots qui m'attend pour s'emparer de moi dès que ma tête sortira de l'eau. Oui, la surface de la mer est en train de brûler, d'un feu qui ne se consume pas, d'un feu toujours vainqueur, d'un feu qui n'est pas terrestre, un feu qui n'existe pas dans la science traditionnelle. Car pour le commun des mortels, l'eau aurait éteint immédiatement le feu, dans l'ordinaire scientifique des choses. Eh bien pas ici. Une autre peur émerge de mon esprit en puzzle : je suis sous la mer avec un feu qui brûle au-dessus de moi, mais je ne me noie pas, et si le feu consume la surface, alors bientôt il n'y aura plus d'eau ! Ce feu brûlera alors mon enveloppe corporelle. Je ressens comme un trouble psychosomatique : mon esprit est en hyperthermie et non en hypothermie. Ça fait mal, très mal, et bientôt la douleur est tellement forte que je ne la reconnais plus, que je ne la sens plus... Je suis encore vivante ! Autour, ces flammes surnaturelles brûlent les terres - nos terres qui nous ont engendrés. C'est comme si elles brûlaient nos mères enceintes... Plus que cela, elles les immolent. Les couleurs que j'aperçois d'en bas sont atrocement vives, d'un orangé écarlate, voire pourpre et sale. Cette couleur terrible a une odeur qui transpire la frayeur. J'entends la puissance des flammes. Le feu règne partout autour de lui ; il est maître de son empire.
        Comment me suis-je retrouvée sous la mer ? Pourquoi ne m'y suis-je pas noyée ? A combien de mètres de profondeur suis-je ? Et pourquoi ce feu au-dessus de moi ? Que d'effrayantes questions ! J'ai comme l'impression d'être la seule ombre dans cette immensité aveuglante. Suis-je une survivante damnée ou bien une élue ? Suis-je arrivée là par hasard, sinon qui ou quoi m'a plongée là-dedans ? Tout ce dont je suis sûre, c'est que plus je m'enfoncerai dans les abysses, plus je serai en sécurité. Peut-être Maître-le-feu m'épargnera-t-il. Je ne peux même pas nager, pas bouger mes membres, je suis bloquée. Rien, ni personne, ne me peut me sauver car plus rien n'existe. C'est une terre de feu où la vie n'a jamais existé. Je me résigne alors à attendre ici-bas. Le rêve commence à s'estomper. Je me réveille...
Cauchemar ou rêve ? Eh bien pour moi, c'est plutôt un rêve, puisqu'en me réveillant,  j'ai ressenti un bien-être unique.

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Published by Colombine aux mains d'argent - dans poésie
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